L’obésité en forte augmentation chez les jeunes
Jusqu’à présent, la malnutrition évoquait principalement la sous-alimentation. Mais aujourd’hui, une nouvelle réalité, préoccupante, émerge. L’obésité est devenue la principale forme de malnutrition chez les enfants et adolescents âgés de 5 à 19 ans. D’après un récent rapport de l’Unicef, 9,4% d’entre eux sont touchés par l’excès de poids, contre 9,2% en insuffisance pondérale.
Alors que la faim recule lentement dans le monde, la proportion d’enfants souffrant d’insuffisance pondérale diminue, passant de 13 % en 2000 à 10 % en 2022. Dans le même temps, le surpoids explose, passant de 194 à 391 millions de jeunes. L’obésité, forme sévère de surpoids, présente pourtant des risques graves : diabète, cancers et troubles métaboliques. Elle affecte aussi la santé mentale, provoquant anxiété, faible estime de soi et parfois dépression.
A lire aussi > La malbouffe, un danger pour la santé
Les aliments ultratransformés, un piège pour la santé des enfants
Cette mutation rapide n’est pas le fruit du hasard. Les habitudes alimentaires des enfants évoluent sous la pression de l’industrie agroalimentaire. Publicités omniprésentes, boissons sucrées dans les écoles, snacks bon marché : les produits ultratransformés ont envahi le quotidien. L’Unicef dénonce des pratiques commerciales "contraires à l’éthique", qui exploitent la vulnérabilité des plus jeunes. Ces aliments sont souvent moins chers que les fruits, légumes ou protéines, et remplacent progressivement les produits frais dans les foyers.
Les enfants deviennent ainsi des consommateurs captifs, exposés à un marketing agressif qui agit jusque dans les cours de récréation. Contrairement à une idée reçue, l’activité physique ne compense pas les effets nocifs d’une alimentation saturée en sucres, sel et graisses. Les conséquences sont irréversibles pour la santé si rien n’est fait. Catherine Russell, directrice générale de l’Unicef, a souligné que ce n’est ni la faute des enfants ni celle des familles, mais le résultat d’un environnement influencé par des logiques de profit.
Sources : Le Monde, Le Figaro Santé
A lire aussi > L’exposition à des images de malbouffe sur les réseaux sociaux favoriserait la prise de poids