Une étude nord-américaine, publiée dans la revue Psychological Bulletin, met en lumière cette réalité : les benjamins sont souvent les bénéficiaires d’une attention particulière, dépassant parfois leurs aînés en termes d’attention parentale.
Les préférences familiales : des impacts durables
Cette recherche, conduite par Alexander Jensen (Université Brigham Young, États-Unis) et McKell Jorgensen-Wells (Université Western, Canada), s’appuie sur les données de 19.469 participants. Ces derniers viennent des États-Unis, d’Europe de l’Ouest et du Canada. Elle compile des informations issues de 30 études publiées dans des revues scientifiques.
Les résultats révèlent que les aînés bénéficient généralement de plus d’autonomie, car les parents deviennent moins stricts avec le temps. Cependant, les benjamins, eux, reçoivent souvent des traitements plus favorables. L’étude souligne également un léger penchant pour les filles, bien que ces préférences parentales soient rarement perçues par les enfants eux-mêmes.
La personnalité : un facteur clé dans les préférences parentales
Au-delà du rang de naissance ou du genre, la personnalité joue un rôle central dans les préférences parentales. Les enfants responsables et conciliants sont souvent mieux considérés. "La plupart des parents se lient probablement plus facilement avec l’un enfant qu’avec un autre, que ce soit en raison de sa personnalité, de son rang de naissance, de son sexe ou d’autres facteurs tels que des intérêts communs", précise Alexander Jensen dans un communiqué.
Cette inclination naturelle, parfois appelée "homogamie" ou "homophilie", traduit une tendance à rechercher la similarité. Si ce concept est largement étudié dans les relations amoureuses, il reste encore peu exploré dans le cadre familial.
Les conséquences du favoritisme
Les préférences parentales peuvent avoir des effets durables. Être l’enfant favori peut être un avantage, mais également un fardeau, impliquant des attentes élevées et une crainte constante de décevoir. À l’inverse, les enfants moins valorisés risquent davantage de souffrir de problèmes de santé mentale ou d’adopter des comportements perturbateurs.
"Parfois, les parents sont tellement soucieux de traiter leurs enfants de la même manière qu’ils peuvent négliger leurs besoins individuels. Nous ne suggérons pas aux parents de se sentir coupables ; au contraire, ils peuvent considérer cette étude comme un encouragement à chercher des domaines où ils peuvent s’améliorer, sans tomber dans les extrêmes", conclut Jensen.