Dire oui, dire non , mais surtout être entendu. Le gouvernement veut inscrire dans la loi la notion de consentement. Objectif : mieux protéger les victimes de violences sexuelles et clarifier ce qui constitue ou non un viol.
Pour beaucoup cette réforme semble nécessaire. Concrètement le texte veut reconnaître qu’un acte sexuel sans consentement explicite est un viol. Jusqu’ici la loi parlait surtout de contrainte ou de menace. A La Réunion plus de 400 plaintes pour viol ont été déposées en 2024 selon la préfecture. Terré dans le silence durant 40 ans, Nicolas a été une victime sous emprise plusieurs années. Aujourd’hui président d’une association, il reste mesuré quant à l’application de la loi dans les faits. "C’est quelque chose de positif dans l’annonce. Ça prouve qu’il y a des choses qui sont en train de changer et qui vont vraiment pouvoir modifier l’avenir. Maintenant c’est plus dans l’application des choses que les questions se posent car ça nécessite une formation, quand on englobe cette histoire de consentement, c’est-à-dire de l’emprise. Ça devrait être décortiqué, analysé par des gens qui sont formés c’est impératif", nous dit Nicolas Puluhen, président de l’association Mon P’Tit Loup.
Pour le droit, cette précision juridique permettra de mieux qualifier les faits et éviter les zones grises dans les dossiers. "Il faudra maintenant pouvoir établir si la victime indique qu’elle n’a pas consenti, que si elle a eu un consentement libre, éclairé, spécifique préalable et non rétracté nous dit le texte de loi qui est envisagé. Ca sera plus formel", explique maître Laurent Payen, avocat au barreau de Saint-Denis.
Le texte doit encore passer devant le sénat pour validation finale. Pour beaucoup, cette loi marque déjà un tournant, une avancée symbolique mais essentielle pour faire entendre la voix des victimes.