Des affrontements éclatent régulièrement devant les établissements scolaires à travers l’île. Ces scènes de bagarres aux abords des collèges sont parfois filmées. Si les réseaux sociaux s’en font l’écho, ce sont surtout les parents d’élèves qui s’indignent.
"Les enfants sont de plus en plus violents, de plus en plus jeunes. Ils ne jouent plus ensemble. Avant quand on était jeune, on se moquait un peu et c’était terminé", réagit un parent d’élève.
La sécurité aux abords des établissements scolaires dépend des forces de l’ordre. Cependant, la responsabilité du collège reste engagée dans la gestion des jeunes impliqués. Dès la diffusion de cette vidéo, les deux enfants ont été identifiés et leurs parents convoqués. "Il s’agit d’un acte isolé, il s’agit de la première bagarre qu’on ait à traiter dans ces conditions-là. Les transports scolaires sont à 100 mètres de l’établissement, jusqu’à présent nous n’avions pas eu de scène de violence de ce type", indique, Sahira Breysse, principale du collège Adrien Cadet.
Pour le maire de la ville, cet incident local dépasse les limites. Après avoir visionné la vidéo, il demande immédiatement à la gendarmerie de renforcer la sécurité autour des établissements. "Ce qui m’a le plus choqué c’est que non seulement des jeunes individus sont en train de filmer la scène et surtout les adultes assistent à cette bagarre de manière passive. Je trouve qu’il n’y a pas de réactions de ces personnes, il n’y pas assistance à personne en danger", réagit Éric Ferrère, maire des Avirons.
Des dispositifs existent déjà pour assurer la sécurité aux abords des établissements scolaires, comme « l’École Tranquille », initié en 2021 par la compagnie de Saint-Benoît. "Cette opération a un double objectif, tout d’abord la dissuasion, mais également pour rassurer. Rassurer, les élèves, les parents d’élèves et le personnel des établissements scolaires", explique Nicolas Tomassini, commandant de la gendarmerie départementale de Saint-Benoît.
Au-delà des forces de l’ordre, les associations de parents d’élèves pointent du doigt les autorités étatiques compétentes et l’application de la circulaire du ministère de l’Éducation nationale datant de 2009."Nous avons demandé à ce que des équipes de médiateurs soient postées aux abords des établissements pour prévenir ce genre de violences. On attend que le rectorat agisse en ce sens, le recteur a les compétences pour assurer la sécurité dans les établissements, mais aussi aux abords", indique Isabelle Poncharville, présidente départementale académique PEEP.
Pour les établissements les plus exposés aux faits de violence, des diagnostics partagés permettraient de mieux coordonner l’action des établissements avec celle des forces de l’ordre. Des mesures qui exigent davantage de moyens financiers et humains.