En un an, les saisies ont explosé : 2 tonnes et demie de tabac à narguilé déjà interceptées à la mi-octobre. C’est un record en termes de saisie à La Réunion. Face à cette envolée, les douanes ont dû renforcer leurs effectifs et déployer un chien spécialisé anti-tabac.
Florence Lopez, Inspectrice des douanes nous explique qu’il y a 80 % de taxes sur les tabacs à La Réunion. « C’est un manque à gagner significatif pour les collectivités locales et pour le département, il y a aussi un impact sanitaire. Ces tabacs n’ont ni marquages, ni traçabilité donc on ne sait pas d’où ils proviennent ni la composition et s’il y a vraiment un risque pour le consommateur. » , ajoute-t-elle.
Le tabac revendu à La Réunion de façon illégale est trois fois plus cher sûr que sur le marché hexagonal. Ce sont des tarifs qui restent plus attractifs que dans le commerce légal où le tabac à narguilé coûte 5 fois plus cher que dans l’hexagone.
Résultat : des voyageurs prennent de plus en plus de risques, attirés par le gain rapide.
La directrice principale des services douaniers, Joséphine Lefoulon Maymard nous affirme : « Nous avons augmenté ici à Gillot nos saisies de 500 kilos par apport à l’année dernière, avec de grosses saisies. Les voyageurs arrivent avec 10, 15, 20 et jusqu’à 80 kilos de tabacs en un seul voyage sur plusieurs valises. Il y a un intérêt à alimenter une économie sous-terraine et à générer de l’argent plus facilement et moins pénalisante. »
Les autorités veulent désormais durcir la réponse judiciaire. Le trafic de tabac reste moins sévèrement puni que celui de la drogue, où les peines de prison sont beaucoup plus fréquentes.
Mais le commerce illégal de tabac à narguilé fait l’objet d’opérations ciblées. En juin dernier, lors de l’opération nationale Colbert, 115 kilos de tabac ont été saisis à l’aéroport Roland-Garros.