Sur les côtes du Tremblet, il est toujours là. Le Tresta Star, pétrolier mauricien de 73 mètres, s’est échoué ici en février 2022, en pleine tempête. Trois ans plus tard, sa carcasse rouillée continue de défier les flots.
Officiellement, le site est interdit. Trop dangereux. Pourtant, sur le sable noir du Tremblet, les pas trahissent la curiosité. Chaque jour, des promeneurs bravent les panneaux d’interdiction, attirés par l’épave du Tresta Star. "On a croisé beaucoup de monde, il y a assez peu de panneaux. Nous sommes venus à nos risques et périls", expliquent des touristes.
L’équipage du Tresta Star avait été secouru sain et sauf, une nuit de tempête. Depuis, le navire est resté prisonnier des roches volcaniques de la dernière coulée du Piton de la Fournaise, celle de 2007. Coincé entre la lave figée et l’océan déchaîné, le Tresta Star est devenu le témoin silencieux de la puissance des éléments.
Peu à peu, l’océan a raison de lui. Le métal s’effrite, la peinture disparaît, la rouille gagne du terrain. L’épave se transforme, se fond dans le paysage. Elle n’est plus tout à fait un navire, pas encore un souvenir.
Éventré mais toujours debout, le Tresta Star défie encore le temps et les cyclones. Un vestige d’acier devenu mythe, figé sur les rivages du sud sauvage.