Tout part d’un chantier. Encore un peu plus de béton sur le front de mer de Saint-Pierre. "Je trouve que c’est trop bétonné sur le front de mer" confie un passant. "Moi, je viens de métropole, de la côte Atlantique. Effectivement, on voit les dunes de sable. Il n’y a pas de béton, c’est plus agréable. Après, c’est un peu hypocrite, je fais partie des personnes qui viennent ici. Malheureusement, plus de gens viennent, plus il y a de constructions" dit un autre.
Instauré durant l’avant régime, le domaine public maritime stipule qu’aucun bâtit doit sortir de terre selon la loi des 50 pas géométriques depuis le plus haut point de la mer. Seulement, ce bâtiment en chantier commandé par le Club de Pétanque de Saint-Pierre est situé dans le domaine public maritime (DPM) soit dans les 81,2 m. Une situation qui est décriée par plusieurs associations saint-pierroises. "On est en plein dessus. Ça va quasiment jusqu’au boulevard, peut-être un peu moins. Ce qui est sûr, c’est que le chantier est sur le domaine public maritime", s’exprime Dominique Gamel, président de SOS DPM 97.4. "C’est une construction avec une dalle de béton, des piliers en béton. C’est sur le domaine public maritime avec la mer derrière. Ça c’est le bien commun !", fait savoir Gaëtan Hoareau, président de l’association citoyenne de Saint-Pierre.
Présent sur le DPM du front de mer de Saint-Pierre : les hôtels, les snacks et ce bâtiment commandé par le club de pétanque, ont reçu une autorisation d’occupation temporaire délivrée par la mairie. Avec une redevance, l’État permet aux entreprises d’exploiter temporairement le DPM à condition que son utilisation soit d’intérêt général. Un argument utilisé par le président du Club de Pétanque de Saint-Pierre pour justifier la construction du projet du CPSP. "Vous avez tous les jours une centaine de badauds qui viennent jouer tous les soirs. Vous avez une quarantaine de retraités qui viennent jouer tous les soirs et qui se font plaisir. Ces gens-là cherchent un lieu pour se reposer, avoir une cohésion, une convivialité. Voilà, un lieu de pétanqueurs !", s’exprime Claude Gilbert, président du Club de Pétanque de Saint-Pierre.
Du côté des associations, une interrogation persiste, le projet de construction d’une salle de réunion pour les boulistes doit-il être considéré comme d’intérêt général ?