« C’est pas rassurant, on aurait aimé être prévenus », confie un habitant. Un autre ajoute : « J’espère que ce sont de bons moustiques, pas des mauvais. » Leur étonnement n’est pas sans fondement : ce sont bien 60 000 moustiques tigres qui ont été lâchés au-dessus de Saint-Joseph. Mais contrairement aux apparences, il s’agit d’une expérience scientifique.
Concrètement, ce ne sont que des mâles stériles qui sont largués dans une zone test de 60 hectares. L’objectif est de réduire la population de moustiques porteurs de maladies comme la dengue ou le chikungunya, sans recourir aux insecticides traditionnels. Ces lâchers auront lieu chaque semaine pendant six mois, avant un élargissement du dispositif à 175 000 moustiques sur 175 hectares pendant un an.
Le procédé est bien rodé. Jérémy Bouyer, chercheur au CIRAD, explique : « Dans chaque cellule il y a 1000 mâles qu’on doit mettre dans ce pot pour qu’ils soient traités par le larvicide. Voilà les mâles sont traités, quand je vais les sortir de ce pot, ils seront recouverts de cette poudre jaune qui contient le larvicide. Normalement en 4 minutes ils vont tous sortir de ce pot. »
Le larvicide, lui, va empêcher la population de moustiques de se multiplier. Comme l’explique Céline Brengues, ingénieure de recherche à l’IRD :
« On ne lâche que des mâles. Ils vont s’accoupler avec les femelles sauvages, mais leur sperme stérile ne permettra pas aux œufs de se développer. Résultat : la population de moustiques diminue naturellement. »