À Saint-Denis, au bout de la rue Sainte-Anne, une bâtisse monumentale tombe en ruine depuis plus de 20 ans. Il s’agit de la maison Hugot, du nom d’Émile Hugot, figure majeure de l’industrie sucrière réunionnaise et ancien patron des sucreries de bourbon. Un palais inspiré de l’architecture romaine, aujourd’hui envahi par les tags. À l’intérieur, un atrium central, des colonnes, des galeries, c’est une maison unique sur l’île.
Son propriétaire actuel, Youshaa Ravate nous a ouvert les portes et raconte pourquoi la villa a été progressivement abandonnée. "Ce qui est regrettable c’est qu’on n’a pas réussi durant toutes ses années à déposer un projet viable. Soit ils ont été raclés par les instances publiques, soit c’était entre nous, entre mes oncles, c’était compliqué d’avoir un projet commun", explique-t-il.
Entre les désaccords familiaux et les contraintes liées au statut patrimonial du bien, plusieurs projets ont échoué. Le prix 3 millions d’euros et la nécessité d’une restauration lourde ont refroidi les acheteurs. "Ils ont mal anticipé le cahier des charges qu’exige un monument historique. Il y a toujours un emballement et finalement ça retombe un peu. Il ne faut pas lâcher, on va finir par trouver quelqu’un".
La situation pourrait se débloquer, un acquéreur potentiel s’est récemment manifesté. Des discussions sont en cours pour donner une nouvelle vie à la maison Hugot. "On a eu une offre sérieuse à 2,9 millions d’euros, il y a peu de temps, c’est ce qu’elle vaut aujourd’hui".
L’un des scénarios envisagés est de transformer ce palais en structure d’aide à la personne. Une clinique ou un espace médico-social installé au cœur de cette demeure historique. Entre passé et renaissance, la maison Hugot pourrait enfin trouver son repreneur. Reste à savoir si ce monument endormi retrouvera un jour sa grandeur d’origine.