Un programme progressiste et inclusif dans des écoles catholiques soulève la question : comment concilier convictions religieuses et obligations légales ?
« On est d’abord soumis au programme de l’Éducation nationale. Tout ce qui relève de la théorie des genres n’a pas sa place dans l’enseignement », explique un participant. « Au sein de notre établissement, nous insistons beaucoup sur la laïcité et l’acceptation de toutes les personnes, qu’elles soient différentes sur le plan religieux ou en termes de genre », précise un autre. « Nous ne pouvons pas y échapper, le contrat est signé ainsi. Nous appliquons le programme de l’Éducation nationale », ajoute un troisième.
À l’ordre du jour figuraient donc les identités de genre, l’école inclusive et la mixité scolaire et sociale. « Pouvoir concilier les convictions religieuses avec le respect des programmes scolaires est possible et réalisable. C’est un défi progressif et permanent : harmoniser ce que nous sommes dans notre identité, dans notre ADN, avec le programme scolaire », souligne Mgr Pascal Chane-Teng, évêque de La Réunion.
Même si les écoles catholiques peuvent organiser des activités en lien avec leur foi, le rectorat rappelle l’obligation de suivre le programme de l’Éducation nationale. « À partir du moment où ces établissements sont sous contrat, les programmes sont ceux de l’Éducation nationale. Cela n’exclut pas qu’en marge de ces programmes, les écoles catholiques proposent des activités spirituelles, mais les deux registres ne se confrontent pas », explique Rostane Mehdi, recteur de l’académie de La Réunion.
Ainsi, un programme mêlant modernité et spiritualité est appliqué pour 18 200 élèves répartis dans 42 établissements scolaires catholiques de l’île.