Saïd a aujourd’hui 28 ans et s’apprête à passer un concours. Tout semble lui sourire, mais il y a à peine 2 mois son esprit ne pensait qu’à la drogue. Tout commence par une dépression due aux décès de son fils et de sa sœur. Pour se sentir bien il tombe dans l’addiction. "Dès la première consommation, je voulais recommencer, j’aimais la sensation du vide. Tu consommes cette drogue sur plusieurs jours, mais à un moment tu ne dors plus, tu ne prends plus soin de toi. Je commençais à demander de l’argent à des gens pour acheter de la drogue".
L’état dans lequel l’ancien militaire a fini, ce sont les caractéristiques mêmes de la substance et des autres drogues de synthèse de la famille des cathinones. Les conséquences peuvent être dramatiques. "Les substances qui se dégradent dans le corps peuvent donner des éléments toxiques avec des atteintes cardiaques, des atteintes pulmonaires ou encore des atteintes rénales. Les conséquences peuvent être graves, voire entraîner des décès", explique le docteur David Mété, chef du service addictologie au CHU de La Réunion.
La consommation de drogue est aussi dévastatrice pour son entourage qui l’a vu toucher le fond.
"Ce n’était plus le même Saïd que j’ai vu, son visage s’était transformé. Il criait, il était nerveux", témoigne Marie-Ange Rougement, la mère de Saïd.
"Des fois c’était compliqué. Lorsqu’il se réveillait, on ne savait pas s’il était encore sous l’emprise de la drogue ou s’il était normal", ajoute Soidaenti Nidhoimi, belle-mère de Saïd.
À 140€ le gramme, Saïd lui a perdu près de 10 000€ en quelques mois. Selon l’observatoire français des drogues et des tendances addictives, le dou arrive à La Réunion en même temps que la B13 et un fort réseau se développe au sud de l’île auprès d’une cible précise, notamment pour son accessibilité. "Ce ne sont pas des trafics traditionnels comme la cocaïne où l’on ne passe pas des grossistes ou semi-grossistes. Quiconque veut acheter du dou, a les moyens d’en acheter. Les structures de trafic ne sont pas les mêmes, cela permet une diffusion plus facile", indique Élodie Auzole, coordinatrice régionale des dispositifs de tendance et d’identification de drogue (Trend-Sintes).
Aujourd’hui Saïd met tout en œuvre pour s’en sortir, le père de famille peut compter sur ses proches et l’aide d’un psychiatre pour remonter la pente.