Après cinq semaines de mobilisation des avocats, la justice est sous tension en Métropole, comme à La Réunion. Yannis attend un avocat depuis deux mois avant son procès ; avec la grève, il craint de se défendre tout seul.
"Un avocat pour qu’il s’exprime à ma place"
"Je ne crois pas qu’il y aura un avocat et ça m’inquiète un peu, car j’ai un peu de mal à m’exprimer en français. J’avais besoin d’un avocat pour qu’il s’exprime à ma place."
"Je n’ai pas eu d’avocat pendant 48 heures de garde à vue"
Un constat partagé pour certains gardés à vue. Le manque d’avocats empêcherait des suspects d’être accompagnés. "Je n’ai pas eu d’avocat pendant 48 heures, ce n’est pas normal. Ils ont mis la pression, à un moment ou craque, ou veut sortir, on va signer, ma la même pas lu, alors que c’était des trucs que fallait pas signer, c’est pour ça que mi lé la."
Des gardes à vues aux audiences, le mouvement des robes noires a des répercussions sur toute l’activité judiciaire. À La Réunion, les demandes de renvois ce multiplient, ce qui fait craindre aux avocats une accumulation de dossiers impossible à gérer à l’avenir. Pour eux, la mobilisation doit quand même continuer pour préserver l’accès à une justice pour tous et équitable.
"Les artisans comme nous à La Réunion vont disparaître"
"Les artisans comme nous à La Réunion vont disparaître et seules resteront les grosses structures, avec des avocats qui vont demander un minimum très cher pour défendre les justiciables, et ça ce n’est pas possible", lance maître Sandrine Antonelli, avocat au Barreau de Saint-Denis.
Face aux conséquence de la grève et des renvois pour les avocats et les justiciables, d’autres actions pourraient être mises en place à La Réunion, comme le confie maître Laurent Payen, avocat au Barreau de Saint-Denis. "Nous allons chercher d’autres moyens pour nous faire entendre par le gouvernement. Il commence un peu à céder en faisant ces soit disant propositions et nous n’allons pas nous relâcher dans ces conditions."
Une assemblée générale du Barreau de Saint- est prévue mardi pour envisager d’autres actions contre la réforme des retraites.