À peine commencés, les murs de la maison tombent déjà. Après l’obtention d’un crédit, Jean-Axon verse un acompte de 1000 euros à la société Bourbon Bois en 2019. Quelques travaux sont faits, mais les entrepreneurs se sont font rapidement discrets. C’est neuf mois plus tard que le Possessonais, apprend la liquidation de l’entreprise. Ce projet de construction proposé par la mairie de La Possession, il n’en verra jamais le bout. Six ans après le début des travaux, lui et sa mère vivent dans un logement social. "Ça a bouleversé ma vie et celle de mes proches, surtout ma mère qui est très malade. Aujourd’hui, on se retrouve dans un logement, difficile d’accès pour elle", déplore Jean-Axon.
De l’autre côté de l’île à Bras Panon, Hashley, mère de deux enfants, a pour projet de construire son foyer. Elle verse un acompte de 27 000 €. Cette fois-ci à la société Sica habitation, entrée en liquidation judiciaire. L’entreprise ne rembourse que 17 000 € à Hashley qui se retrouve avec un terrain vague. "Le projet que l’entreprise m’a fourni, c’est censé être celui-là, une maison de trois chambres. Depuis trois ans, il n’y a rien", s’indigne la mère de famille.
Ce dimanche matin la confédération nationale du logement, voyant les cas d’Hashley et Jean axon se répéter décide de pointer du doigt l’organisation de ces entreprises. Ayant bénéficié de fonds publics par la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, le cheminement était le suivant : la DEAL propose à des riverains un projet de construction, qu’elle délègue à des entreprises déjà définies comme bourbon bois et sica habitation, à qui leur est versé une somme d’argent pour la construction des logements. Mais avec la liquidation de ces entreprises, une partie de l’argent serait perdu d’après Erick Fontaine. Il dénonce la passivité et un manque de suivi de la part de la DEAL. "On a besoin de savoir aujourd’hui, combien de millions sont perdus sur ces problèmes d’améliorations et d’accessions à la propriété, sachant que certains ont quand même eu 800 000 euros de subventions de l’état pour des équipements", détaille l’administrateur de la CNL, Erick Fontaine.
La confédération nationale du logement et la DEAL doivent se rencontrer pour éclaircir la situation. Officiellement, la CNL déplore une cinquantaine de projets tombés à l’eau à cause des liquidations. Officieusement et d’après Erick fontaine, il s’agit plutôt de plus d’un millier de projets.