Espèce de grands fonds très recherchée, mais fragile, la légine australe fait l’objet d’un suivi rigoureux depuis plus de vingt ans. La pêche dans les zones économiques exclusives de Crozet et des Kerguelen se déroule sous des réglementations nationales alignées sur la Convention pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). L’enjeu : préserver cette ressource stratégique tout en maintenant une filière exemplaire.
Pour la période 2025-2028, la préfecture des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) a adopté, en juin puis ajusté en juillet, un plan de gestion ambitieux. Celui-ci fixe une triple priorité : prévenir toute surexploitation, limiter l’impact des activités halieutiques sur les écosystèmes de la réserve naturelle nationale des Terres australes et assurer la viabilité économique et la transparence du secteur.
Les quotas ont été fixés pour trois ans sur la base des recommandations du Muséum national d’Histoire naturelle et après consultation interministérielle. Ils atteignent 4 780 tonnes par an : 3 780 tonnes pour les eaux des Kerguelen et 1 000 tonnes pour l’archipel Crozet. Ces volumes resteront constants jusqu’en 2028.
8 navires autorisés à pêcher la légine australe
C’est dans ce cadre que, le 28 août, la commission d’analyse des candidatures a retenu huit couples armement-navire pour pratiquer la pêche autour des îles Kerguelen et de Crozet. Neuf armements avaient déposé un dossier, tous jugés éligibles, mais un seul n’a pas franchi le seuil requis. Les noms des compagnies sélectionnées n’ont pas encore été dévoilés.
Lors de la précédente période (2022-2025), huit navires étaient autorisés : Comata (Île de la Réunion), Cap Bourbon (Cap Kersaint), Pêche Avenir (Saint-André), Sapmer (Albius, Cap Horn 1, Austral), Armas Pêche (Mascareignes III), et Réunion Pêche Australe (Atlas Cove).
Une mise en œuvre dès septembre 2025
Les armements retenus bénéficieront de l’exclusivité de la pêcherie pour trois campagnes consécutives, mais devront renouveler leurs autorisations chaque année, conformément aux plafonds définis par l’arrêté du 27 août 2025. La première campagne s’ouvre officiellement ce lundi 1er septembre 2025, marquant le début concret du plan de gestion 2025-2028.
Cette décision vise autant à garantir la durabilité écologique qu’à conforter la réputation internationale de la pêcherie des TAAF, régulièrement citée en exemple pour ses standards de durabilité. Sur le plan économique, elle représente un enjeu majeur : la légine australe constitue à la fois un moteur pour l’économie maritime ultramarine et une vitrine française en matière de pêche responsable et de lutte contre la pêche illégale.