Dans 6 jours vous n’occuperez vraisemblablement plus ce poste, quels seront les fruits de ce déplacement et quels outils concrets pour les pérenniser, pour les faire durer dans le temps ?
"On peut reconnaître à François Bayrou le courage d’être transparent et de dire quelle est la situation et d’essayer d’expliquer aux Français que la représentation nationale, à travers les députés et les sénateurs, doit être responsable. Nous avons une dette de 3 345 milliards, des intérêts de la dette qui s’élèvent à 55 milliards. Si nous laissons dériver cette dette, les intérêts pourraient monter en 2029 à 100 milliards. Il faut arriver à se mettre d’accord sur une méthode".
Maintien de la LODEOM
Le maintien de la LODEOM est une demande claire des professionnels. Ils disent que sans exonérations de charges, il n’y a plus d’activité. Sur ce levier vous pouvez apporter des garanties malgré un potentiel changement de gouvernement dans une semaine ?
"Pour l’instant ce n’est pas dans le budget que nous préparions. Je le disais à des députés LFI, qui sont contre les aides aux entreprises, que nous assumons ces aides. La création de la valeur ajoutée se fait au cœur des entreprises, ce sont les entreprises qui créent de l’emploi. Le secteur du tourisme se porte bien, quand je regarde les chiffres du tourisme en France nous avons battu des records, la Réunion a battu des records en 2024 et en 2025 aussi. Nous avons une augmentation dans les augmentations aériennes alors que l’île Maurice est en train de se dégrader".
Une feuille de route
556 000 touristes à La Réunion en 2024 vous évoquez une feuille de route. Quel est l’objectif chiffré et à quelle échéance ?
"Je suis là pour accompagner une initiative très intéressante qui est le Comité Réunionnais pour le Tourisme qui va construire sa stratégie, qui doit effectivement se fixer ces éléments chiffrés, le nombre de visiteurs mais aussi le panier moyen. Aujourd’hui c’est 469 millions de recettes qui sont enregistrées pour le territoire. Ce comité réunionnais a commencé à regarder quel public cible, quel touriste à tirer. Evidemment le tourisme local d’abord puis l’Hexagone et ensuite les Allemands, les Anglais, les Africains, l’Afrique du Sud, mais un peu au-delà, les asiatiques et nous allons nous avec l’opérateur national Atout France, les aider dans cette promotion à l’international mais ce sont bien nos territoires de choisir leur cible et nous nous mettons de l’ingénierie et de l’aide à leur disposition."
1 million de touristes
Le million on en parlait déjà il y a 20 ans pour 2020, cela vous semble un objectif sérieux, envisageable et dans quel délai ?
"Je trouve que La Réunion est un bel exemple. Je le disais ce matin pour l’écologie, c’est-à-dire que nous trouvons ici des infrastructures qui sont à la hauteur. Il y a des volontés au niveau de la formation des métiers du tourisme d’être dans l’excellence. Il y a déjà l’hospitalité à la réunionnaise qui est assez réputée. Ensuite, il y a ces formations. Hier nous inaugurions, nous posions la première pierre des métiers du tourisme au Colosse, nous avons visité le lycée Antou à Saint-Paul donc qui va permettre de mieux accueillir et aussi diversifier l’offre touristique. Le tourisme sportif est développé avec les randonnées. Il y a aussi le tourisme bleu, l’économie bleue. Nous avons acté dans le comité interministériel d’une aide massive pour mettre en valeur le tourisme de savoir-faire. Nous avons aussi un axe de développement sur l’agritourisme le spiritisme. Les touristes aujourd’hui ne sont pas là pour étendre leur serviette pendant sept jours sur la plage qui veulent c’est du multi expériences."
Le prix du billet d’avion, un frein ?
Pour venir à la Réunion, il faut prendre l’avion. Il y a la question du prix du billet d’avion, est-ce que c’est un frein ? On pense aux familles, au tourisme sanitaire qui représente 40 % des visites. Peut-il y avoir une action là-dessus ?
"Quand je regarde les chiffres, visiblement, cela n’a pas d’impact puisque nous avons une augmentation des réservations aériennes. Nous avons entendu ce que les compagnies aériennes nous disaient sur le frein au développement que ça allait réaliser. Il est vrai qu’ici à La Réunion nous avons besoin de plus de connectivité et d’attirer des compagnies et de conforter Air Austral. J’ai demandé, concomitamment au ministre des Transports Philippe Tabarot, que nous n’ayons pas de hausse de la TSBA. Nous souhaitons qu’il y ait une pause sur cette augmentation pour favoriser le tourisme dans l’Outre-mer. L’une des cibles est le touriste allemand de la compagnie Condor par exemple qui pourrait faire une destination qui fait aujourd’hui des citations entre Maurice et l’Allemagne et qui pourrait faire l’Allemagne-Maurice-La Réunion-Allemagne. Donc ça permettrait effectivement d’attirer beaucoup plus de touristes allemands".