L’un des sujets qui préoccupe le plus les Réunionnais est celui de la vie chère. L’examen du projet de loi commencé par Manuel Valls a été reporté. Fallait-il s’accorder un temps de travail supplémentaire ?
« C’était un choix de venir ici, notamment pour évoquer le sujet de la vie chère qui est un fléau permanent. Je vais signer un arrêté ministériel qui va permettre de faire disparaître la TVA sur les produits essentiels de la vie du quotidien des Réunionnais et des Réunionnaises. On va faire baisser les prix très, très vite. On va permettre que le préfet puisse négocier les prix sur des services essentiels. On veut associer les parlementaires à la discussion. Je suis venue pour être au contact de la réalité. »
Continuité territoriale
Sur la continuité territoriale, on le sait, les billets d’avion depuis et vers La Réunion peuvent atteindre des prix stratosphériques. Est-ce que vous avez des pistes pour améliorer le pouvoir d’achat des Réunionnais ?
« Le prix du billet d’avion est un questionnement permanent. On y travaille avec l’Agence Outre-mer Mobilité. Des choses sont faites. Les étudiants ont notamment la possibilité de se faire financer un billet aller-retour. Je vais missionner un député et travailler avec lui dans le cadre d’une mission flash. C’est un sujet que nous avons pris à bras-le-corps et il y aura des réponses. »
Vous avez pu rencontrer les acteurs du monde économique chez nous. Vous leur avez promis qu’il n’y aurait pas de coup de rabot sur la Lodeom, que les exonérations de charges patronales seraient maintenues. Comment comptez-vous garantir cette promesse avec ce contexte aussi incertain autour du budget ?
« Je n’annonce rien si je ne suis pas sûre qu’à la fin la parole est tenue. On ne veut pas fragiliser les économies de nos territoires, il n’est pas question que, dans le cadre du projet de loi de finances à venir, il y ait 650 millions d’euros de coupes budgétaires. »
Contrats PEC
Vous avez aussi eu l’occasion de rencontrer Huguette Bello et Cyrille Melchior. La présidente de Région vous a notamment interpellée sur les PEC. On parle de 10 000 postes : est-ce qu’on les maintient ? Est-ce qu’on revoit la formule ?
« La volonté du gouvernement, c’est de supprimer le nombre de ces emplois aidés partout. Ce que je veux pour ces jeunes, c’est leur offrir un emploi stable. On sait que ce sont des emplois précaires. L’idée n’est pas que ce soit quelque chose de brutal. Il y a une différence à faire entre les Outre-mer et l’Hexagone. Il faut qu’on aille vers cette désintoxication aux contrats PEC parce qu’on veut préparer un avenir durable pour les jeunes. »
Sécurité
Sur la sécurité, c’était l’un des enjeux de votre visite. Vous êtes passée par Bras-Fusil, l’un des quartiers considérés comme les plus sensibles de l’île. Une brigade de gendarmerie mobile a été mise en place. En toile de fond de ces tensions sécuritaires, il y a la flambée du trafic de drogue. Le narcotrafic est une problématique nationale : est-ce que, chez nous, vous prévoyez des mesures spécifiques pour tenter de le contrer ?
« La sécurité est une priorité, nous devons la sécurité à tous nos compatriotes. J’ai voulu aller à Bras-Fusil parce que je sais qu’un partenariat intéressant est mis en place. La gendarmerie travaille en lien avec les élus locaux et les associations. Tout cela forme un grand ensemble qui permet de faire baisser la délinquance. Je ne stigmatise pas les quartiers, je veux au contraire avancer avec eux. On pourrait appliquer ce modèle ailleurs. Le trafic de stupéfiants est un fléau qui touche La Réunion comme jamais ; il faut dire stop maintenant. On va mettre les moyens en termes de contrôle dans les aéroports, par voie maritime. Un scanner mobile va arriver en 2026. »
Vous êtes la 11ᵉ ministre des Outre-mer depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, la 6ᵉ en 3 ans. Comment vous positionnez-vous à ce poste ?
« Je serai une ministre efficace, ancrée dans la réalité. Je ne serai pas en déconnexion avec ce qu’il se passe. C’est pour cela que j’ai voulu venir pendant ces trois jours, être au contact et apporter des solutions efficaces », conclut Naïma Moutchou.