Ce lundi devrait s’annoncer comme une journée de grand blocage dans deux secteurs. Premièrement les transporteurs mécontents d’une charte signée en 2012 et responsabilisant les donneurs d’ordres aux privés à hauteur de quatre engagements. Deux de ces engagements prévoient que les donneurs d’ordres veillent à ce que le prix couvre les coûts d’exploitation des transporteurs. Un deuxième prévoit la mise en place d’une contractualisation de la relation économique entre transporteurs et donneurs d’ordre.
Une charte qui n’aurait pas été respectée selon la fédération nationale des transports routiers de La Réunion (FNTR), bloquant la rémunération des transporteurs depuis 2012. "Aujourd’hui les entreprises de transport ne s’en sortent plus, avec l’inflation qu’on a subie entre 2010 et 2025. Pas moins de 600 entreprises ont fermé leurs portes entre janvier et octobre 2025", explique Jean-Gaël Rivière, président de la FNTR.
Parmi ces 600 entreprises, figure celle de Johnny Grindu. Sa société a été placée en liquidation judiciaire. Depuis Mayotte, le président de l’organisation des transporteurs routiers européens soutient ses confrères en grève. "Cette année j’ai été obligé de liquider ma société. J’ai fait un déplacement vers d’autres horizons, j’essaie de m’en sortir, j’apporte mon soutien à tous les transporteurs".
En marge de la grève des transporteurs, la fermeture de certaines stations-service est à prévoir ce lundi. Insatisfaits de la grille tarifaire imposée par les services du pôle concurrence et consommation de la Préfecture, entraînant une perte de 64 000 euros par an, les gérants des stations dénoncent un mépris de la part des représentants de l’État. "Aujourd’hui on nous répond qu’il n’y a pas de problème sur les stations-service et que ça ne nécessite pas une revalorisation de la marge des gérants. Cela veut dire que nous ne connaissons pas la crise et que nous ne sommes pas des chefs d’entreprises comme les autres, qu’il n’y a aucune difficulté sur le territoire en matière économique", indique Gérard Lebon, président du syndicat réunionnais des exploitants de stations-service.
Après les deux mouvements de grève du 10 et du 18 septembre, notre île s’apprête à connaître une nouvelle série de manifestations. Elle n’est pas sans rappeler la colère des transporteurs en 2015, dénonçant une hausse des prix du carburant, entraînant une paralysie de l’économie de l’île après une série de blocages et de barrages.