Geneviève vit depuis des années dans son appartement avec sa fille. Lorsque celle-ci décède en avril 2024, la loi prévoit que le bailleur transfère automatiquement le bail aux ascendants âgés vivant au même domicile. Mais le bailleur social a engagé une procédure d’expulsion, en raison des impayés accumulés par sa fille.
« Même s’il y a des dettes qui ne sont pas à mon nom, je ne salirai jamais la mémoire de ma fille. Je paie ce que je peux. Je suis de très bonne foi. Je ne suis pas une voleuse », confie Geneviève.
Depuis le décès de sa fille, les difficultés se multiplient. Chaque demande de la CAF entraîne la suspension temporaire de ses aides. Dernière épreuve en date : la CAF lui réclame un trop-perçu. Désargentée, Geneviève confie qu’elle ne sait plus comment tenir.
« Cette situation d’expulsion me ronge. Vu mon âge et ma santé, je suis très inquiète. Nous, on fait tout pour trouver un logement. Même si demain nous trouvons, on part », raconte-t-elle.
Son cas illustre une tendance inquiétante sur l’île : les dossiers de surendettement explosent et les procédures d’expulsion se multiplient.
« On a un recours historique de dossiers de surendettement déposés à l’IEDOM cette année, un nouveau record après 2024. On a augmenté de 140 % le nombre de saisines des forces publiques l’an dernier pour expulser les gens. Et je suis quasiment persuadé que les chiffres de 2025 seront très mauvais », explique Erick Fontaine, administrateur de la confédération nationale du logement.
Pour l’instant, la trêve cyclonique suspend l’expulsion de Geneviève. Mais sa famille redoute que la procédure reprenne dès le 15 avril, laissant planer l’incertitude sur l’avenir de cette grand-mère.