Même si les images des affrontements continuent d’être partagées massivement sur les réseaux sociaux, la tension semble être retombée ce week-end dans les rues malgaches. Depuis le 25 septembre, les manifestations du collectif Gen Z Madagascar dénoncent la pauvreté, les coupures d’eau et d’électricité et la corruption. Initialement pacifique, le mouvement a pris une autre tournure. Pillages, violences et incendies. Le bilan selon les autorités : 5 morts et des dizaines de blessés. Pour les commerçants et les professionnels du tourisme, l’angoisse est quotidienne. "Gen Z ce sont des étudiants, c’est pacifique ce qu’ils font. Le problème, c’est qu’il y a des blacks-blocks. C’est soit des casseurs, des pilleurs qui se mêlent à tout ça pour mener leurs exactions. Le problème, il est là", explique Éric Petit-Jean, propriétaire de l’hôtel-restaurant "Coco Lodge" à Majunga.
Le gouvernement a décidé d’instaurer un couvre-feu nocturne et de limoger le ministre de l’Écologie vendredi, mais la tension reste vive. "L’État, aujourd’hui en deux, trois jours n’est pas à même d’assurer la sécurité de tout un chacun. C’est apparu très clairement en deux, trois jours de mouvement à travers les pillages spontané. Peut-être qu’il y a des rapports de force, de concurrence qui profitent de la fenêtre d’opportunité que couvre la crise, la répression et le mouvement qui va avec pour nettoyer le territoire des uns et des autres", détaille Christiane Rafidinarivo, politologue, chercheuse associée au CEVIPOF Sciences-Po.
Après un week-end pesant, le mouvement devrait se relancer la semaine prochaine. Ce lundi 29 septembre, une mobilisation générale des étudiants est prévue au campus d’Ankatso avec un délai de 48 heures pour obtenir des réponses concrètes des autorités. Une colère qui s’étend, Madagascar reste en suspens. Les prochaines heures seront déterminantes pour l’avenir du pays.