Sur notre île, il est commun de trouver des jeunes qui habitent chez leurs parents comme John, 21 ans. On est bien chez papa et maman.
" Je n’ai pas de loyer, j’suis à la maison chez maman et papa. Il y a maman qui cuisine".
"Même indépendant, on ne dit pas non à un retour au loyer familial. Moi mon loyer coûte 590 euros. Donc, si j’étais chez mes parents sur 500 euros, je peux dépanner 300 euros ou 400 euros à mes parents, je pourrais mettre des sous de côté, de l’argent poche."
À La Réunion en 2019, la part d’autonomie des jeunes de 29 ans est de 43 % selon les derniers chiffres recensé par l’Insee. Dans l’hexagone, 69 % des jeunes de cet âge sont indépendants. Un écart qui s’explique par un contexte spécifique à La Réunion.
"La première chose, c’est la question du marché locatif et du marché du logement de manière général, un fait tendu à La Réunion qui peut rendre plus difficile l’installation des jeunes dans leurs propres logements. La question de l’emploi qui est plus rare à La Réunion et aussi l’auto-financier associé qui conditionne l’autonomie de la vie en générale qui peut être plus complexe", explique Jamel Mekkaoui, chef de la division étude à l’INSEE Réunion-Mayotte.
Entre les hommes et les femmes qui restent plus longtemps chez papa et maman ? D’après l’étude de l’INSEE, ce sont les hommes.
"Il semblerait que les femmes en général ont plus envie de créer leur propre foyer, elles sont mères plus tôt et donc très souvent quitte leurs logements pour être ensemble avec leurs enfants. C’est beaucoup moins le cas que les hommes à La Réunion", continue le spécialiste.
Si le Tanguy de la comédie française fait office d’exception à la sortie du film en 2001. À La Réunion, c’est une réalité qui dure depuis des décennies par contrainte économique, car finalement, on n’est pas si mal chez papa et maman.