Suzie se rend chaque mois à la pharmacie pour récupérer son traitement. Si la nouvelle loi venait à être adoptée, ses médicaments seraient moins bien remboursés. À court de solutions, la Dionysienne se sent prise au piège : « On n’a pas le choix, on va devoir quand même prendre les médicaments. »
Pour beaucoup, les économies devraient être réalisées ailleurs que dans le secteur de la santé, jugé essentiel et déjà fortement sollicité : « On cotise déjà énormément avec nos mutuelles et nos participations. Je me demande où on va… Je trouve ça déplorable. » ; « Ceux qui n’auront pas les moyens de payer vont peut-être arrêter de se soigner. »
Le Gouvernement envisage de réaliser des économies dans le domaine de la santé, en ciblant plusieurs leviers :
- Un meilleur contrôle des arrêts maladie ;
- Une révision de la prise en charge des affections de longue durée (ALD) ;
- Une hausse de la franchise médicale sur les boîtes de médicaments, de 1 à 2 € ;
- Une augmentation de la franchise sur les consultations médicales, de 2 à 4 €.
Ces mesures suscitent de vives inquiétudes chez les professionnels du secteur. Beaucoup dénoncent un manque d’équité, notamment envers les patients atteints d’affections de longue durée, qui seraient particulièrement touchés : « Ces personnes bénéficient d’une prise en charge par l’assurance maladie et n’avancent pas les frais. Là, on veut réduire leur remboursement. Ce n’est pas équitable, surtout comparé aux personnes en bonne santé. Je ne suis pas sûr que cette loi puisse passer », précise Christine Kowalcyzk, présidente de l’Union Régionale des médecins libéraux.
Les pharmaciens, eux aussi, redoutent les conséquences pratiques de la réforme : « Ce seraient les pharmaciens qui devraient prélever cette taxe. Notre profession est contre cette mesure : ce n’est pas à nous de collecter au profit de la Sécurité sociale », souligne Claude Marodon, président de la délégation de l’ordre Réunion-Mayotte des pharmacies.
Selon les estimations, l’ensemble de ces mesures pourrait permettre au Gouvernement d’économiser jusqu’à 5 milliards d’euros.