À Saint-Leu, 14 agents de la police municipale sont déployés sur le terrain et œuvrent chaque jour pour la sécurité des habitants. Bientôt, leurs missions pourraient évoluer. Le projet de loi envisage d’étendre leurs prérogatives : ils pourraient, par exemple, verbaliser les conducteurs sans permis, lutter contre la vente à la sauvette, la vente d’alcool aux mineurs, ou encore l’occupation illicite de halls d’immeubles.
Sur place, les avis sont partagés : « Je n’en vois pas vraiment l’intérêt ici, à Saint-Leu, c’est une ville plutôt tranquille », estime un habitant. « Je ne suis pas forcément pour, mais si c’est une nécessité, pourquoi pas », ajoute un autre.
Depuis 2019, les compétences des policiers municipaux ont déjà été renforcées. À Saint-Leu, la police municipale fait même figure d’exemple : c’est la seule commune de La Réunion à utiliser un drone doté d’une caméra thermique.
« C’est un drone civil placé sous l’autorité du maire. Il a été utilisé notamment lors de recherches de personnes disparues. Pour moi, ce n’est pas nécessaire de donner plus de pouvoirs aux policiers : le volet social risque d’être mis de côté », explique Jean-Noël Ellaya, chef de service de la police municipale et directeur du pôle sécurité publique.
Sur le terrain, l’outil reste une aide précieuse, mais certains syndicats estiment que la priorité doit être ailleurs. « Nous demandons un accès direct aux fichiers des véhicules volés ou des personnes recherchées. Aujourd’hui, nous devons solliciter une autorisation auprès des officiers de police judiciaire ou des gendarmes. Le syndicat FO est opposé à ce projet de loi », souligne Lucas Gobalou, délégué régional FO Océan Indien.
Le débat ne fait que commencer : le projet de loi vient tout juste d’être déposé au Parlement.