Cela fait un an que cette maison est en vente, sans trouver preneur, malgré une situation jugée excellente par l’agent immobilier. Pour Émilie Krafft, agente immobilière : « Il y a plus de 700 m² de terrain, ce qui est très bien pour les bas de La Bretagne à Saint-Denis. On a une vue sur la forêt et une vue mer également. »
Estimée à 700 000 euros, elle n’a pourtant suscité aucun intérêt. La propriétaire a été contrainte de revoir son prix : « Désormais, elle est affichée à 580 000 €. On passe d’une valeur réelle de 700 000 € à 580 000 €, et là on commence à avoir des visites. »
Depuis cette baisse, 14 visites ont eu lieu. Trois offres ont été formulées, dont deux très en dessous du prix demandé. La crise immobilière dure depuis maintenant trois ans à La Réunion. Entre 2020 et 2022, les taux d’intérêt oscillent entre 1 et 1,5 %. Avec une capacité de remboursement de 2 500 € par mois, un couple pouvait alors emprunter jusqu’à 540 000 €.
Mais depuis le début de la guerre en Ukraine et l’instabilité économique mondiale, les taux ont grimpé à environ 3,8 %. Le même couple ne peut plus emprunter aujourd’hui que 430 000 €. Selon Thibault de la Raitrie, agent immobilier : « Les acquéreurs sont toujours là, mais moins nombreux. Il y a une différence entre leur volonté d’achat et leur pouvoir d’achat. Les vendeurs sont présents, mais il faut qu’ils comprennent qu’ils doivent s’adapter au marché des acquéreurs. »
À l’échelle nationale, 1 250 000 biens ont été vendus en 2022, contre 842 000 en 2024. À La Réunion, la crise persiste, tandis que la situation se stabilise légèrement en métropole, avec des prix plus stables. Selon Bertrand Macé, président de la Chambre des notaires de La Réunion et de Mayotte : « Les prix ont baissé, donc ils sont plus stables. Ici à La Réunion, ces dernières années, les prix continuent à augmenter. Il y a toujours un décalage entre la métropole et La Réunion, dans les crises comme dans les reprises. Parfois de plusieurs mois. »
Une stabilisation est toutefois attendue sur l’île. Il y a encore quelques mois, les taux d’intérêt atteignaient 4,3 à 4,5 %. Ils sont désormais redescendus entre 3,5 et 3,8 %.