Jeannine a été diagnostiquée il y a deux ans. Les pertes de mémoire sont devenues plus fréquentes. Elle a décidé de consulter et le verdict est tombé. Sourire l’Alzheimer ne semble pas l’atteindre. "Ce n’est pas quelque chose de honteux, c’est comme ça. Je ne sens pas de complication, je ne m’affole pas".
Les personnes atteintes de la maladie traversent différentes phases. La perte d’autonomie est celle qui nécessite un accompagnement au quotidien. Très souvent ce sont les proches qui adoptent ce rôle. Maxelle a décidé il y a trois ans de s’occuper pleinement de sa mère. Son quotidien a été bouleversé, tout comme sa relation avec celle qui lui a donné la vie. "Les bons jours c’est merveilleux et les mauvais jours c’est l’horreur. C’est difficile, rien n’est prévisible. On a beau être gentil, passer par l’émotion, quand elle est dans son monde elle est fermée. Il faut attendre que la crise passe. Elle ne me reconnaît plus depuis longtemps, elle m’appelle madame".
Nachou a accompagné son mari jusqu’à la fin, pour elle être à son chevet malgré les difficultés était une évidence. "Même si le langage n’est pas là, la gestuelle est là, les regards sont là. Les yeux sont là pour exprimer tout ce qu’il n’arrive pas à dire. La relation d’amour reste là jusqu’à la fin, c’est l’amour qui nous aide à tenir le coup". Pour les familles une seule solution : être soutenue.
À La Réunion, les aidants familiaux sont à 80% des femmes selon le groupement d’intérêt public des services à la personne. À ce jour, un traitement médicamenteux existe en Europe, mais n’est pas encore commercialisé en France.