Deuxième jour de mobilisation des transporteurs. Ce matin encore, plusieurs sites stratégiques du BTP et de la cimenterie sont bloqués. Une grève illimitée, disent les syndicats, tant qu’aucun accord ne sera trouvé avec les donneurs d’ordre sur le tarif des prestations.
Transporteurs, donneurs d’ordre et état ont passé plus de 4 heures autour de la table. Une réunion tendue marquée par la relecture d’une charte, et finalement remise en cause par les donneurs d’ordre.
"Rien n’est sorti parce que les représentants font la tête de mule et nous sommes très exaspérés de voir leur comportement", explique Michel Allamèle, président de l’interprofessionnelle des routiers réunionnais.
En attendant, ce sont les entreprises de BTP qui en payent les frais. Un secteur déjà en grande difficulté
"Ça nous concerne indirectement parce que nous sommes consommateurs tandis que l’UNICEM (Union nationale des industries de carrières et matériaux) fournit. Aujourd’hui les transporteurs ont un problème avec les gens de l’UNICEM. 107 sont concernés aujourd’hui. S’ils bloquent les cimenteries et les carriers, nous on ne travaille pas. Les chefs d’entreprise vont devoir, encore une fois, perdre du chiffre d’affaires, perdre de la marge brute et faire preuve de résilience. Jusqu’à quand ? Je ne sais pas", souligne de son côté Rudolph Lorion, vice-président de la commission sociale de la FRBTP .
Transporteurs et donneurs d’ordres vont devoir rapidement trouver un terrain d’entente sous peine d’enliser davantage toute une économie.
"Quand on entre dans une grève, il faut savoir sortir, il faut que chacun fasse un pas dans les deux parties pour qu’on arrive à trouver des solutions concrètes", déclare à son tour Pierrick Robert, président de la CCI Réunion.
Les moteurs restent éteints, la tension ne faiblit pas.