Sportif depuis toujours, Roan Aubin n’a pourtant jamais couru derrière un chrono. « Je préfère courir derrière un ballon ou une balle », sourit-il. Mais depuis deux ans et demi, il s’est découvert une nouvelle passion : le trail. Son objectif ultime ? Participer au Grand Raid, symbole du dépassement de soi et du patrimoine réunionnais.
« Ce sera ma première traversée de l’île, confie-t-il. J’espère la finir en environ 50 heures. C’est un défi personnel, une thérapie envers soi-même pour se guérir des maux passés et lutter contre le temps qui passe. »
Derrière cette aventure, il y a aussi un message pour ses enfants, âgés de 11, 5 et 4 ans : « Je veux leur transmettre les valeurs du sport. Leur montrer que sans rien, on n’a rien, et que tout est possible quand on se donne les moyens. »
Un retour aux sources
Après treize années passées à Montpellier, où il a débuté sa carrière dans la fonction publique territoriale, Roan Aubin revient sur son île natale il y a cinq ans. C’est là que le déclic s’opère : « Mes collègues métropolitains me parlaient souvent du Grand Raid et des sentiers de La Réunion. C’est là que j’ai réalisé la chance qu’on a d’avoir une telle course. »
De retour au pays, il se met à randonner, à explorer Mafate et les hauteurs de son île. En 2023, il participe à La Mascareignes, course qualificative pour la Diagonale. « J’ai adoré l’ambiance, c’était extraordinaire. Depuis, je me suis fixé une deadline : faire la Diag avant mes 40 ans. Cette année, c’est maintenant ou jamais. »
Une préparation entre amis et en famille
Sans club ni entraîneur, Roan s’est préparé seul, entouré d’un petit groupe d’amis sportifs. « On a un groupe WhatsApp, on s’organise des sorties longues, des week-ends chocs. Sinon, je m’entraîne seul après le travail, quand je n’ai pas les enfants. »
Ses terrains de jeu : la Savane, le front de mer de Saint-Paul, et dès qu’il peut, les sentiers de Mafate. Côté mental, il mise sur l’expérience et la motivation : « Je suis un compétiteur dans l’âme. Ce qui m’anime, c’est le défi. Le Grand Raid, c’est notre patrimoine. À nous de le défendre et d’en écrire l’histoire. »
Une aventure collective
Pour cette première Diagonale, Roan ne sera pas seul. « J’ai embarqué toute ma famille : mes cousins, cousines, tantes, tontons, ma mère, ma sœur, mes enfants… Ils seront au bord de la route, du départ à l’arrivée. Savoir qu’ils m’attendent à chaque point, c’est ma plus grande force. »
S’il franchit la ligne d’arrivée à la Redoute, il sait déjà ce qu’il pensera : « Ce ne sera pas ma victoire à moi seul, mais celle de nous tous. »
Et il n’oublie pas celle qui l’a soutenu dans cette aventure : « Un message particulier pour Julie Parrot, qui m’a écouté, supporté et cru en moi depuis le début. »