Les fruits de saison arrivent sur les étals et, comme chaque année, les familles réunionnais souhaitent en faire profiter leurs proches en hexagone. Mais tous ne peuvent pas les déguster facilement : l’expédition par colis reste la seule option… et elle s’accompagne de plusieurs réglementations qui freinent parfois les bonnes intentions.
« J’ai déjà envoyé, mais je ne me rappelais plus des règles. Ils m’ont rappelé : pas de mangues, alors que ma fille adore ça », confie une mère de famille.
« Mon marmaille est là-bas, mais on n’a pas encore décidé d’envoyer les fruits pour le moment », ajoute une autre.
Depuis décembre 2019, l’Union européenne impose en effet des mesures strictes pour protéger son territoire. Certains fruits, susceptibles de transporter des organismes nuisibles, notamment la mouche des fruits, sont interdits à l’export.
Depuis La Réunion, les produits concernés sont : les mangues, les agrumes, les poivrons, les piments.
La mangue fait toutefois figure d’exception. Elle peut être envoyée à condition d’être traitée selon un protocole phytosanitaire précis et exclusivement via une entreprise agréée.
« On n’utilise aucun produit chimique pour traiter les fruits. Un fruit bio reste bio, tout en garantissant sa qualité gustative et en détruisant les larves ou œufs potentiellement présents », explique Siva Grondein, cofondateur de Siva Industrie, l’une des structures autorisées à effectuer ce traitement.
Une fois traitées, les mangues doivent être conditionnées en boîte et portant un agrément clairement identifiable.
« Sur l’étiquette de transport, l’expéditeur doit décrire ce que contient son colis. Comme il signe, il s’engage à déclarer précisément tout ce qu’il envoie », rappelle Marceau Boyer, gestionnaire clientèle à La Poste.
D’autres fruits très appréciés comme les letchis, papayes, fruits de la passion sont, eux, autorisés à quitter le territoire. Mais ils doivent faire l’objet d’une déclaration préalable, via un formulaire disponible sur le site de la préfecture.