En décembre 2004, alors enceinte de huit mois après huit années d’attente, Florence apprend lors d’une échographie qu’il manque du liquide amniotique. « La gynécologue m’a dit que ce n’était pas alarmant, que je pouvais continuer ma vie normalement. » Mais quelques jours plus tard, dans la nuit du 29 décembre, tout bascule.
De violentes contractions la conduisent aux urgences de Saint-Pierre. Après plusieurs tentatives pour entendre le cœur de son bébé, le verdict tombe : son fils est décédé. « Tout s’est écroulé. J’ai eu l’impression que la terre s’ouvrait sous mes pieds. »
Le lendemain, Florence est transférée pour accoucher. Trois jours plus tard, le 30 décembre à 17h30, elle met au monde Maël, son premier enfant. « Je l’ai pris dans mes bras et je lui ai demandé pardon. Pardon de ne pas avoir pu le protéger. » Une heure plus tard, elle se retrouve seule dans sa chambre, avec un ventre vide et des bras sans bébé.
« Je suis tombée en dépression pendant un an. À cette époque, il n’y avait aucun accompagnement, aucun soutien pour les mamans endeuillées. »
L’autopsie révélera que Maël est mort d’une infection due à une fissure de la poche des eaux. Un drame que, selon elle, un meilleur suivi aurait pu éviter.
Florence est aujourd’hui maman de trois garçons. « Je suis heureuse, mais une partie de moi ne reviendra jamais. » Divorcée du père de Maël, elle garde la cicatrice de cette épreuve. « Je témoigne pour que les futures mamans écoutent leur instinct, leur petite voix intérieure. Si quelque chose vous inquiète, consultez, insistez. »
Vingt et un ans après, la douleur reste là, mais son message est empreint d’amour et de reconnaissance : « Merci aux associations qui accompagnent aujourd’hui les parents dans ces moments terribles. Moi, je n’ai pas eu cette chance. À toi, mon fils Maël, jamais maman ne t’oubliera. »