"J’ai été tabassée, enceinte de neuf mois. J’ai couru dans le noir avec mon gros ventre de femme enceinte de neuf mois. Les gendarmes sont intervenus au moment où mon agresseur m’avait retrouvé. J’ai eu peur pour mon fils, ma vie m’importait peu. Les coups allaient vers mon ventre, je me suis imaginée le pire. Mon fils et moi avons été sauvés, mais j’ai perdu mon côté rêveuse, mon côté romantique, ma confiance en moi. J’étais patronne et je ne le suis plus. Les coups je m’en suis remis très facilement, mais sur le plan psychologique on ne s’en remet pas facilement. Les mots résonnent souvent dans notre tête. La société nous rend quand même responsables, nous femme d’être restée. Ils ont du mal à comprendre pourquoi on repart dans les bras de notre bourreau.
Aujourd’hui encore, deux ans et demi après, mes nuits sont difficiles, car tout est arrivé la nuit chez moi. Deux ans et demi après, je ne fais toujours pas mes nuits. Le traumatisme est toujours présent. On garde cette faiblesse en nous", témoigne Fanny Durand.