Eléa a donné naissance à ses triplés. Ses médecins l’avaient prévenu dès le début de sa grossesse que la prématurité "était presque certaine." "Quand j’ai appris que j’attendais trois bébés, la joie s’est mélangée immédiatement à l’inquiétude. On m’a répété plusieurs fois qu’il fallait s’attendre à une naissance très précoce… et même à envisager le pire."
Ces mots sont restés gravés pour la mère de famille, "on ne réalise jamais totalement ce que cela signifie jusqu’à ce que cela arrive."
À 27 SA + 1, tout a basculé pour elle, elle a perdu les eaux brutalement. « Habitant Saint-Paul, j’ai été transférée en urgence au CHU de Bellepierre à Saint-Denis, le seul service capable de prendre en charge des triplés grands prématurés. Le trajet a été interminable, avec cette peur au ventre : "Est-ce qu’ils vont survivre ?" »
C’est ce jour-là que ses trois bébés sont arrivés, "trois petits guerriers" : Anaya (980 g), Layana (1,030 kg ) , Mélyann (1,070 kg). À partir de cet instant a commencé un combat quotidien de 12 semaines pour la famille.
Ses enfants ont été placés en réanimation, les soins intensifs, puis la néonatologie. "Le temps s’était complètement arrêté, rythmé par les machines, les alarmes, les surveillances constantes. On sursautait, on avait peur. Chaque instant était une lutte contre l’angoisse. On vit dans un autre monde, celui des incubateurs, des couveuses chauffées, des tubes, des perfusions, des respirateurs. Les journées étaient épuisantes : les allers-retours entre l’hôpital et la maison, les tirages de lait à toute heure, les moments où il fallait rapporter chaque précieux millilitre de lait maternel, les heures de peau à peau, l’un après l’autre, en essayant de donner à chacun son moment d’amour et de chaleur."
Et puis est venu le jour du départ de la sortie de l’hôpital pour ces 3 guerriers. "Le jour où on a pu les ramener à la maison, c’était comme respirer à nouveau." Cette naissance très prématurée n’allait pas être sans conséquence ; les médecins ont indiqué que les enfants auraient environ 3 mois de retour.
Aujourd’hui, Anaya, Layana , Mélyann ont 10 mois et se portent bien. "Ils ont presque tout rattrapé. Ils commencent à se tenir debout, à marcher à quatre pattes, ils mangent bien, ils sont curieux, éveillés, pleins de vie. L’une de mes filles a encore un petit retard moteur, mais les professionnels nous rassurent : tout se rattrape, et elle progresse chaque semaine. Quand je les regarde, je me dis que ce sont trois véritables guerriers", vient conclure Eléa.