Le 11 octobre, le séjour de Dorothée Racine et de son compagnon Thierry Peres à Nosy Be, à Madagascar, a viré au drame. Quelques heures seulement après leur arrivée, alors qu’ils prenaient des photos sous-marines, tous deux ont été percutés par une vedette. Dorothée, 57 ans, est morte sur le coup. Thierry, grièvement blessé, a été rapatrié à La Réunion, où son état demeure préoccupant.
La sœur de Dorothée n’a appris la tragédie que le lendemain matin. Encore sous le choc, elle évoque une disparition brutale, difficile à accepter. « Elle envisageait de finir sa vie à Nosy Be… Dans ma tête, je me dis qu’elle aurait dû prévoir que ce soit un peu plus tard quand même », confie-t-elle. « Je pensais qu’on avait encore au moins trente ans ensemble. Le fait que ce soit arrivé aussi soudainement, c’est très difficile. »
Elle dénonce également les conditions particulièrement compliquées de l’intervention des secours. « Ils ont même été jusqu’à chercher du sang dans la rue parce qu’elle se vidait de son sang », explique-t-elle, décrivant une prise en charge marquée par l’urgence et le manque de moyens.
Dorothée Racine était enseignante et très engagée dans l’humanitaire. Elle participait à de nombreuses actions, de La Réunion à Madagascar en passant par l’Afghanistan. Son compagnon, Thierry Peres, est reconnu pour son travail en faveur de la protection de la biodiversité marine. Ensemble, ils formaient un couple profondément investi, tourné vers les autres et vers la défense du milieu marin. « On était très fusionnelles, on habitait à côté à La Réunion. Elle était rayonnante, à l’école, avec ses élèves… C’était quelqu’un de très investi dans tout ce qu’elle faisait », souligne sa sœur.
Sur le plan judiciaire, l’affaire entre désormais dans une nouvelle phase. La famille s’est constituée partie civile. Elle ne met pas en cause directement le skipper, mais un système qu’elle juge défaillant. Elle réclame une réglementation claire et un renforcement des règles de navigation autour de Nosy Be et plus largement à Madagascar.
« La seule chose que l’on demande, c’est de créer un vrai chenal, car ma sœur était en train de se baigner devant son hôtel. Ça ne ramènera pas ma sœur… L’idée, c’est que ça n’arrive plus jamais à personne et que ça bouge. » Elle dit avoir été informée que des discussions sont en cours entre les autorités locales : « Le consul m’a indiqué que des gens s’étaient mis autour d’une table pour faire avancer les choses. J’attends que ça se passe réellement. »
Le skipper de la vedette a été interpellé et présenté à la justice. Poursuivi pour homicide involontaire, il comparaissait ce mardi, mais son procès a été renvoyé au 2 décembre.
En attendant, la famille de Dorothée poursuit son combat : transformer la douleur en un changement durable, pour que ce drame ne se reproduise plus.