En août 2022, Mélanie, jeune Réunionnaise, a perdu son bébé, Nathanaëll. Deux ans plus tard, elle témoigne avec pudeur et force de son parcours, entre deuil, foi et espoir.
« C’était un mercredi d’août que je n’oublierai jamais. Le gynécologue m’a simplement dit : Le bébé est fatigué. »
Quelques jours plus tard, sa sage-femme habituelle reprend le travail. En posant la sonde sur le ventre de Mélanie, le silence s’installe. « Elle m’a dit doucement : Mélanie, je suis désolée… le cœur de ton bébé s’est arrêté. »
Son monde s’effondre. Colère, tristesse, incompréhension. Sa grossesse s’était arrêtée depuis déjà quatre semaines. Un anéantissement total. Le lendemain, Mélanie reçoit son diplôme d’État d’aide-soignante. « J’y suis allée avec mon bébé mort dans le ventre. Joie et tristesse mêlées dans un même souffle. »
Quelques jours plus tard, une intervention est pratiquée à l’hôpital. « Je suis redescendue en chambre, le ventre vide. J’ai dit adieu à mon rêve de maternité. » Pour honorer sa fille, elle lui donne un prénom : Nathanaëll. « J’ai fait dire une messe et déposé une plaque à son nom sur la tombe de ma grand-mère. »
Un an jour pour jour après la perte de son bébé, Mélanie découvre une nouvelle grossesse. « Par la grâce de Dieu, mon bébé arc-en-ciel est arrivé. » Un bébé arc-en-ciel, c’est l’enfant qui naît après un deuil périnatal, symbole d’espoir après la tempête. Mais la peur ne la quitte jamais. « Chaque échographie était un mélange d’amour et d’angoisse. Je savais désormais que rien n’était garanti. »
Son fils naît en bonne santé. « Il remplit ma vie de lumière, mais il ne remplace pas ma fille. Aucun enfant ne remplace un autre. » Aujourd’hui, quand il regarde la lune et murmure « Coucou Nénéne… », Mélanie sent que Nathanaëll vit toujours à travers eux. « Elle fait partie de notre famille, invisible mais bien présente. Grâce à elle, j’ai appris la foi, la force et l’amour inconditionnel. »