Plus de 1000 euros l’aller simple et près de 2000 euros l’aller-retour. Rentrer chez soi pour les fêtes, un moment précieux, mais pour les étudiants réunionnais dans l’Hexagone cela devient un luxe. Entre billets hors de prix et budget serré, beaucoup doivent renoncer.
"Je pouvais revenir que la première année, mais je ne l’ai pas fait parce que ça coûte cher et je n’avais pas forcément les moyens."
"J’ai des amis en métropole, ils sont partis l’année dernière pour leurs études. Les billets d’avion sont très chers pour les fêtes de fin d’année. Certains reviennent, mais ils doivent se priver et économiser beaucoup."
Manon, âgée de 28 ans, originaire de Saint-Joseph, est en alternance. Même avec son salaire, il est impossible pour elle de prendre un billet en décembre. Les tarifs explosent et sont bien au-delà de ses moyens. "Quand on enlève le loyer, l’électricité, l’eau, il ne nous reste pas grand-chose. Le prix d’un billet d’avion est d’environ 1500 euros. J’ai posé 10 jours de congé. Je vais devoir les passer toute seule ici", raconte Manon Gabriel, étudiante en région parisienne.
Loucas, âgé de 23 ans termine son master à Lille. Lui n’a pas pu résister à l’envie de voir sa famille. Il a payé 1800€ l’aller-retour pour 15 jours seulement. "Je m’y suis pris au mois de septembre, c’est à cette période que j’ai su combien de jours de vacances j’avais pour la période de Noël. J’ai pris moi-même, ma famille n’a pas énormément de moyen et je n’étais pas éligible à l’aide cette année", indique Loucas Fontaine, étudiant.
Pour accompagner ces jeunes, la Région propose le bon de "ressourcement". Une aide créée après le Covid, valable une fois par an et jusqu’à 800 euros selon les revenus. Cette année près de 5000 étudiants en ont bénéficié. "Ce bon de ressourcement leur permet également de venir faire un stage dans leur territoire. Le fait de venir faire un stage à La Réunion leur permet de rester connectés avec le réseau économique", explique Lorraine Nativel, vice-présidente du conseil régional, déléguée à la continuité territoriale.
Si 320 jeunes ont fait un stage sur l’île par le biais du dispositif en 2025, nombreux sont ceux qui n’ont pas pu rentrer faute de moyen.