Après les cases créoles la semaine dernière… Aujourd’hui on s’intéresse à la case en paille. Avant les cases créoles colorées qu’on connaît, il y a eu les cases en paille. Pendant longtemps, c’était le premier abri des familles réunionnaises. Simples, fragiles, mais pleines de vie et d’histoires. Et si nous laissions nos pas franchir l’écho silencieux de ces cases disparues ?
Les cases en paille remontent aux premiers temps de l’habitat réunionnais, au 18éme et 19ème siècle. On construisait ces cases avec les moyens du bord : des troncs ou des bambous pour l’ossature, des feuilles de vétiver, de latanier ou de canne pour le toit et les parois.
Ces maisons étaient des constructions légères, faciles à monter et peu résistantes aux cyclones et aux incendie. C’est d’ailleurs pour cela qu’elles vont disparaitre petit à petit au profit de la tole et du bois travaillé.
Et pour la pluie navé point de remède miracle, un gramoune la raconté :
" Quand la pluie té y tombe for, nou té mète band seaux partout pour récupére l’eau qui té coule à travers le toit. Malgré ça, nou té chez nous, té gayar. Lontan nou té misèr mais nou té pa maleureux."
Ces cases, c’étaient des symboles d’humilité et de solidarité : on s’entraidait pour les construire, et pour les réparer aussi.

Aujourd’hui, il reste très très peu de traces de ces cases en paille. Mais elles ont marqué profondément la mémoire collective. Elles rappellent les débuts modestes de la société réunionnaise, l’ingéniosité face aux difficultés, et une certaine forme poésie. Elles ont disparu, mais elles vivent encore dans les souvenirs et bien souvent dans les récits des anciens.

La nuit, imagine ou entan dézorde dehor…ou la besoin sorte dan la kaz, koment zot té Fé ? Et ben gramoune lontan navé un solution pou toute zafair figur aou, zot té utilise la lampe pétrol. La lampe pétrole c’est un appareil d’éclairage qui fonctionne grâce à la combustion du pétrole. Elle produit de la lumière en brûlant une mèche imbibée de ce carburant.
Rappelons aussi que les case en paille d’antan, ce sont des témoins silencieux d’une époque révolue, mais fondatrice de notre identité réunionnaise. Les évoquer aujourd’hui, c’est aussi rendre hommage à celles et ceux qui ont bâti leur vie, avec presque rien, mais avec beaucoup de courage et de cœur.