On part un siècle en arrière, à l’époque des lavandières. Vous allez voir : laver le linge n’était pas seulement une corvée, c’était toute une scène de vie réunionnaise.
Zot y connais la roche à laver c’est nout machine à laver lontan. Dann toute cour créole navé inn roche à laver, souvent à côté un robinet d’eau, inn bassine, du savon artisanale de la cendre,et un paquet de linge. Na l’ancêtre de lote, la brosse à laver et ça c’est un coton maïs, c’était avec ça que y té brosse linge lontan, alors fallait laisse ali sec. Cette la lé encore tann parce que c’est pas vraiment la saison en ce moment, y fo attann qui fait cho et donc moin la trouve cel la pou donne à zot un lidé de comment té y space à l’épok.

Photo prise par Ibrahim Mullin, on peut apercevoir le lavoir de la source à Saint Denis. Mais attention, dans ce lavoir on ne lavait pas que du linge : on lavait aussi les esprits, les soucis… C’était un vrai carrefour social. On se retrouvait entre voisines, on échangeait les nouvelles du quartier, on commentait la politique, on chantait parfois pour rythmer le travail et les enfants, eux, profitaient pour jouer, sous l’œil amusé des mamans. C’était un peu le 12h30 de l’époque, là où on se tenait informé des dernières actualités. Mais nou té lave linge aussi dan fon la rivière .

Il faut savoir que dans les années 1920, 30, ou même 50… la plupart des maisons n’avaient pas encore l’eau courante, ni l’électricité. Alors, pour laver le linge, on descendait à la rivière. Les lavandières – souvent des femmes du quartier – portaient de lourdes bassines en zinc ou des paniers remplis de draps et de vêtements, sur leurs têtes. Arrivées sur place, elles s’installaient sur de grandes pierres plates polies par l’eau et par des années de coups de battoir. On frottait, on savonnait, on rinçait et le linge claquait sous les coups. Je ne dirais pas qu’on lavait son linge sale en famille, mais en tout cas on le lavait entre amis, voisins et avec les gens du quartier.
C’était une véritable expédition. Alors néna toujours deux écoles dans ce genre de situation, néna sak y raconte aou sa et y garde un bon souvenir et néna bien souvent lé plus jeune qui di aou que pour rien au monde zot y veut retourne en arrière car c’était aussi une corvé pour les marmaille. Faire plusieurs kilometre à pied, plusieurs fois par semaine. Kan navé point lékol, na un peu té di aou aussi que té dangereux surtout kan la rivière té y coule fort !
Néna encore, beaucoup beaucoup moins bien sûr mais souvent ou peut voir dans le fond le la rivière saint Denis de moune y lave et y laisse zot linge sécher su dgalet…Et néna encore de moune y lave zot linge su le roche à laver dans la cour. Na un peu y di a ou ke lé pratik surtout kan na point couran, comme dan un tan cyclone par exemple.