Dans l’atelier, les machines ronronnent. Les mains se font attentives, les regards concentrés. Ici, on vient pour apprendre à coudre, mais surtout pour renouer avec un savoir-faire qui disparaît peu à peu.
« Je n’ai jamais cousu de ma vie, mais comme quelqu’un m’a parlé de l’association MIEP… Les gens doivent apprendre à coudre pour ne pas perdre ce que les anciens nous ont transmis. Les anciens travaillaient beaucoup la couture, ils faisaient nos robes pour aller à l’école », confie Lisemya, adhérente à l’association Mon Île en Patch.
Beaucoup découvrent ainsi la couture pour la première fois. D’autres reviennent vers un art qu’elles avaient délaissé, mais toutes partagent la même envie : prendre le temps d’apprendre et de créer par elles-mêmes.
« Les gens veulent reprendre les anciennes coutumes… Tricoter, je vois plein de jeunes tricoter. Je trouve que c’est un beau geste, ça nous fait penser à nos grands-mères, c’est la continuité », explique Rose, elle aussi adhérente de l’association.
Au fil des séances, le geste devient sûr, la précision s’affine, et l’on mesure l’importance de préserver ce patrimoine artisanal. Pour accompagner les participantes, Nicaise, couturière professionnelle depuis plus de vingt ans, met tout son savoir au service de cette transmission.
« Je transmets tout mon savoir, ma passion pour la couture aux membres de l’association. Notre pays a un savoir-faire dans ce domaine qui malheureusement se perd. Les jeunes devraient reprendre, s’approprier, pour que ça puisse rester dans notre patrimoine. »
Entre passion, apprentissage et transmission, ces couturières tissent un lien précieux avec les générations de demain. Un fil qui, ici, n’est pas près de se rompre.