Pour rappel, l’étude CHIK-RE-VAC, coordonnée par le CHU de La Réunion, est une étude indépendante visant à évaluer en vie réelle l’efficacité du vaccin IXCHIQ®, un vaccin vivant atténué administré en une seule dose. Elle permettra de mieux comprendre :
- Sa capacité à prévenir les infections, hospitalisations et complications graves ;
- Son immunogénicité (la production d’anticorps) ;
- Sa tolérance et ses effets secondaires éventuels.
La docteur Emilie Monnier, infectiologue au CHU de La Réunion revient sur l’épidémie ayant frappé La Réunion en avril dernier : « Comme vous le savez, le chikungunya a été une épidémie assez brutale à La Réunion ».
« On estime 6000 personnes vaccinées à La Réunion ». L’infectiologue explique ce faible taux de vaccination par deux causes principales :
-L’arrivée tardive des doses
-L’introduction de la limitation de la vaccination aux plus de 65 ans.
De plus, trois décès sont survenus à la suite de l’administration du vaccin IXCHIQ®. Toutefois, une enquête de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a démontré que le vaccin aurait pu être la cause vraisemblable du décès d’une seule personne.
Des complications peuvent se créer chez des personnes ; la docteur Emilie Monnier explique : « Ce qu’il faut savoir c’est qu’à La Réunion le chik a provoqué plus d’une cinquantaine de morts chez les personnes les plus âgées et qui présentent des comorbirités tels que de l’hypertension, diabète etc. On a finalement une courbe en U avec des personnes très âgées ou très jeunes qui vont décéder du chikungunya. » « On cherche à protéger les 18-64 ans avec ce vaccin » ajoute t-elle.
Ce faisant, comment rassurer les personnes ?
L’infectiologue plaide la transparence. « Je pense que la meilleure réponse est d’avoir des preuves, dans le cadre d’études indépendantes. C’est ce que l’on propose de faire » affirme t-elle. Elle appelle donc à toutes personnes vaccinées mais également souhaitant l’être a adhérer à l’étude afin d’évaluer l’efficacité et la sécurité de ce vaccin.
Pour participer, voici les informations et les contacts nécessaires.
Enfin, doit-on s’attendre à une nouvelle épidémie à La Réunion ?
« Ce qu’il faut savoir c’est que nous sortons de l’hiver austral et que nous pouvons avoir un petit effet rebond. Nous avons eu tout de même une épidémie extrêmement sévère qui a concerné, on pense, 40 % de la population. Donc il y a un risque d’un effet rebond avec des foyers de transmission dans les semaines à venir mais pas de grosse épidémie comme on a pu le voir en avril dernier » annonce Emilie Monnier.
Cette dernière explique que l’immunité collective s’atteint à partir de 40/50% de la population. Toutefois, à La Réunion, la problématique est l’arrivée massive des touristes qui ont une immunité négative. Cela biaise donc ce principe.
En métropole, le nombre de cas de chikungunya a connu une hausse. « Avec le réchauffement climatique et l’émergence du moustique tigre, nous allons voir de multiples épidémies. Toutefois, avec l’arrivée de l’hiver, la transmission va baisser mais l’été prochain il est à prévoir de nombreuses épidémies » conclut l’experte.