Le communiqué du Syndicat des Pharmaciens de la Réunion et de Mayotte :
Le 4 août, par arrêté ministériel, le Gouvernement a baissé brutalement les remises accordées sur le médicament générique aux pharmaciens de 40% à 30% sans concertation avec la profession.
Un médicament générique coûtant 10 euros avant le 1 septembre 2025 était acheté 6 euros par le pharmacien. Depuis le 1 septembre 2025, il est acheté 7 euros et en 2026 , il sera acheté 8 euros. Avant le 1 septembre 2025, le pharmacien était rémunéré 4 euros pour la dispensation d’un médicament générique de 10 euros.
Le pharmacien apportait son expertise en tant que spécialiste du médicament et permettait à l’assurance maladie d’économiser en moyenne 30% lors de la délivrance. En Septembre, l’État a baissé de 25% cette rémunération sans contrepartie, dans un contexte inflationniste où les charges s’accumulent, les salaires augmentent à la fois pour compenser l’inflation mais également récompenser la compétence des collaborateurs.
A la Réunion, ces 15 dernières années, 5 licences de pharmacies ont disparu. Dans les cirques, à Salazie, Cilaos, dans les hauts, l’Entre-deux mais également dans certains quartiers, Saint-André ou le Tampon. Les pharmacies des quartiers, des écarts, des hauts, véritables petites PME pour lesquelles chaque centime compte sont touchées de plein fouet par cette décision de l’Etat.
Elles risquent de mettre la clé sous la porte au détriment d’une urbanisation de l’île s’accentuant dans les hauts , les écarts suite à une surdensité du littoral, une flambée de la valeur locative et d’acquisition des biens. La Réunion possède un relief particulier et le maillage pharmaceutique s’est adapté à ce relief , permettant à la population d’avoir accès aux médicaments quel que soit le lieu d’habitation.
Diminuer les ressources du pharmacien c’est mettre en péril : l’accès aux soins dans les écarts , les hauts , les cirques , les quartiers mettre à mal la politique de santé publique en diminuant les ressources nécessaires au déploiement des nouvelles missions du pharmacien : vaccination , dépistage mettre un coup de frein brutal à l’embauche, à l’apprentissage dans un secteur d’activité jusqu’ici dynamique Le Gouvernement choisit les industries pharmaceutiques au détriment de la Santé des Réunionnais sur fond de pénuries et de hausses de franchises sur les médicaments.
Au ras-le-bol des réunionnais, se rajoute le ras-le-bol des pharmaciens !
Nous fermons tous nos rideaux le 18 Septembre : une journée sans pharmacies
Nous invitons les députés et les sénateurs à nous rejoindre pour comprendre nos enjeux.