Yves cultive l’ananas depuis plus de deux ans sur exploitations familiales . Avec près de 18 tonnes produites l’an dernier, il fait partir de ces planteurs pour qui la trésorerie reste le principal obstacle. Les charges montent, les paiements arrivent tard et l’équilibre sur l’exploitation devient fragile. "il faut compter 16 à 18 mois avant d’avoir un fruit et surtout si on essaie d’être régulier dans les suivis parcellaires, si on laisse les herbes poussées et qu’on n’a pas fait d’entretien c’est sûr on a des cycles encore plus longs . On a commencé à diversifier un peu avec les serres, on essaie de trouver d’alterner les cultures selon les périodes", témoigne l’agriculteur.
Anafruit la coopérative compte 120 adhérents. Ensemble, ils produisent 1300 tonnes d’ananas par an, dont 650 tonnes destinées à l’export. Une filière importante, mais qui manque de soutien financier . Les acteurs privés représentent de véritables débouchés.
"L’intérêt c’est d’accompagner les adhérents au niveau de la trésorerie pour pouvoir continuer de planter de l’ananas, des letchis et fruits de la passion. pour pouvoir avoir une production correcte, continuer à produire et à exporter et aussi la production locale et la transformation", affirme Gaël Dijoux, président de l’organisation des producteurs Anafruit.
Les acteurs de la filière signent un contrat historique avec la banque. Objectif : obtenir des prêts adaptés aux plantes long cycle avec des démarches allégées et une mise à disposition rapide des fonds. "concrètement ça va se traduire par un apport en trésorerie pour ces agriculteurs et ça va dépendra de la typologie de leur exploitation. S’ils font que de l’ananas par exemple ils seront accompagnés à hauteur de 15 000 euros, s’ils font de l’ananas et du letchis 30 000 euros et s’ils font ananas letchi et fruit de la passion ça sera 60 000 euros", explique Christophe Allein, directeur général de la Bred La Réunion - Mayotte.
Un partenariat inédit qui pourrait ouvrir une nouvelle stabilité à la production d’ananas sur l’île.