En mars 2016, alors qu’il s’apprête à s’envoler pour Washington afin de passer les examens de son MBA, il ressent une fatigue intense et de la fièvre. Les analyses sanguines sont alarmantes. Le diagnostic tombe : leucémie aiguë lymphoblastique (LAL+). « Je me vois encore négocier avec le médecin des urgences pour qu’il me laisse partir. Il a dû appeler ma mère pour me raisonner », se souvient-il. Trois jours avant de prendre l’avion, sa vie bascule. Le traitement débute immédiatement et, par un premier miracle, Alexandre entre en rémission seulement trois mois plus tard. Mais la victoire est fragile.
Un don pour une seconde vie
Les médecins lui expliquent que la maladie reste sournoise et qu’une greffe de moelle osseuse est la meilleure option pour consolider la guérison. Une recherche de compatibilité est lancée au sein de sa famille. « Deuxième chance : ma sœur Aurélie et mon frère Florent étaient compatibles », raconte-t-il. Finalement, c’est son frère Florent qui sera choisi comme donneur. « Je profite de ce témoignage pour saluer tout le service d’hématologie du CHU de Saint-Pierre. Du secrétariat aux médecins, ils ont été formidables. »
L’intervention est programmée à l’hôpital Necker, à Paris, pour le 26 septembre 2016. Avant la greffe, Alexandre subit plusieurs séances de chimiothérapie et de radiothérapie destinées à détruire entièrement sa moelle malade et préparer son corps à accueillir celle de son frère. « C’était paradoxalement la période la plus difficile. Je savais qu’il y avait un risque que la greffe échoue. Mon frère, lui, n’a jamais hésité à faire ce don héroïque. » Le jour de la greffe, malgré un corps affaibli et des semaines de traitements lourds, il reste étrangement serein. « Mon père était présent, mon frère prêt à me donner la vie une seconde fois. Ma foi m’a porté. Quand les médecins sont entrés pour m’injecter la moelle, je me suis simplement dit : “Accueille cette chance.” »
Les heures qui suivent sont décisives. Son organisme, privé de toute défense immunitaire, doit absolument accepter la greffe. « Fort heureusement, tout a fonctionné. J’ai passé plusieurs semaines épuisé, incapable de faire le moindre effort, mais peu à peu j’ai retrouvé mes forces. »
Une rémission complète
Neuf ans plus tard, Alexandre est en rémission complète. Il est suivi deux fois par an au CHU de Saint-Pierre et savoure chaque instant. « Le plus dur est derrière moi. J’ai la chance de voir grandir mes enfants. Bien sûr, mon corps reste marqué, plus lent à récupérer, mais j’avance et c’est l’essentiel. »
De cette épreuve, il garde une leçon de vie. « Cette maladie m’a appris à relativiser. Peu importe les difficultés du quotidien, tant qu’on a la chance d’ouvrir les yeux le matin, tout est possible. » Un an seulement après sa greffe, Alexandre décroche son MBA à la Georgetown University, symbole d’un retour à la vie et d’une détermination intacte. Aujourd’hui, il veut sensibiliser à l’importance du don. « Si mon frère n’avait pas accepté, je ne serais peut-être plus là. Le don de moelle osseuse, comme celui d’organes ou de sang, peut offrir une seconde vie. »