Sur les réseaux sociaux, le jeune homme a publié une longue vidéo qui retrace son parcours personnel, mais également son addiction pour une drogue nommée le "Dou". Contacté, le jeune homme accepte de témoigner pour LINFO.re. Said était un ancien étudiant : BAC +4 en chimie théorique, mais également militaire avec 5 ans au 68e RAA.
« Je suis tombé dans la drogue après la mort de mon fils et de ma sœur. J’ai commencé directement par la cocaïne, quand j’étais hospitalisé en psychiatrie en France », confie-t-il.
À sa sortie de l’hôpital, il quitte la métropole pour La Réunion, pensant trouver un nouveau départ. Mais à Saint-Louis, il découvre une autre réalité : celle de le "Dou", une drogue locale qui circule facilement. « Ce que je ressentais, c’était le vide. Et ce vide me permettait d’oublier la tristesse, la haine, tout. »
Selon Saïd, la substance est omniprésente. « À Saint-Louis, ce fléau est partout », explique-t-il. « Le prix varie, mais en moyenne, c’est autour de 20 euros pour 0,10 gramme. »
Sortir de l’enfer
La route vers la désintoxication n’a pas été facile. « J’ai dû utiliser mon intelligence et ma conscience pour m’en éloigner. D’abord, je me suis coupé du réseau, pour ne plus pouvoir acheter. » Mais le vrai moteur de sa guérison, dit-il, c’est l’amour : celui de sa famille, de sa compagne et des enfants de celle-ci. « Je me suis appuyé sur la plus grande force qui existe dans ce monde : l’amour. »
Pour compléter ce travail, Saïd s’est tourné vers le sport, qu’il décrit comme « une nouvelle drogue ». L’effort physique, la discipline et la régularité ont libéré en lui des hormones naturelles : testostérone, endorphine, adrénaline, qui l’ont aidé à reconstruire son équilibre mental. « Au début, c’était dur, mais après deux semaines, l’envie s’effaçait. Aujourd’hui, il m’arrive de passer des journées entières sans penser à cette substance. »
Un message pour les jeunes
Saïd veut aujourd’hui transformer son expérience en message d’espoir. Pour lui, la clé de la sortie repose sur trois piliers qu’il résume dans une formule simple : E.A.S. : « Environnement, Amour, Sport. C’est ce qui m’a sauvé, et c’est ce que je veux dire à tous les jeunes : vous pouvez vous en sortir. Suivez ce chemin. »
À travers son témoignage, Saïd espère briser le silence autour de la consommation de « Dou » à La Réunion, mais aussi rappeler que la reconstruction est possible. « J’ai trouvé ma liberté, et elle n’a plus besoin de poudre. »