Un couple de Réunionnais est bloqué à Rodrigues après un accident de la route. Depuis lundi, ils attendent leur rapatriement. Problème : aucun avion sanitaire n’est disponible, et ce malgré l’assurance qu’ils ont souscrite. Sur place, ils disent souffrir de très mauvaises conditions de prise en charge.
Des vacances à Rodrigues tournent au cauchemar pour un couple réunionnais. Patrick et Gisèle, victimes d’un grave accident de scooter lundi dernier, n’ont toujours pas été rapatriés.
« Moi, ce que je souhaite personnellement, c’est qu’on rentre au plus vite à La Réunion, qu’on trouve une solution. Ma femme, depuis mardi, elle a une fracture… À un moment donné, il faut intervenir quoi ! On ne peut pas attendre comme ça ! Je ne sais pas maintenant quand on va avoir un avion », explique Patrick Hoareau, Réunionnais en vacances à Rodrigues.
En chutant près de leur hôtel, Gisèle se fracture le tibia — une double fracture — tandis que Patrick se blesse au genou. Faute d’ambulance disponible, ils montent à l’arrière d’un pick-up pour rejoindre la clinique la plus proche, le centre de santé de Mont Lubin.
« Tout l’intérieur, c’est vraiment déplorable. L’hygiène n’est pas respectée. Tout est rouillé ! Même le sol… j’avais les pieds sales. Il n’y a pas d’hygiène du tout ! » raconte le vacancier.
Sur place, la prise en charge est défaillante. Patrick, légèrement blessé, reçoit des points de suture qui s’infectent quelques jours plus tard, en raison de sutures trop serrées. Quant à Gisèle, elle souhaite être soignée à La Réunion, mais le rapatriement est pour l’instant impossible.
« On nous fait croire des choses. Hier, on m’appelle pour me dire qu’un avion privé peut nous prendre en charge, mais dix minutes après, on me rappelle pour me dire que ce n’est pas possible », poursuit Patrick.
Depuis l’île, le frère du couple dénonce le manque de soutien des autorités :
« On a deux Réunionnais, deux Français, qui sont abandonnés à Rodrigues et personne ne se bouge. On a sollicité les personnes du consulat de Rodrigues, les personnes du cabinet de la préfecture, mais personne n’a répondu. Il n’y a personne qui bouge le moindre petit doigt, alors que l’accident s’est produit il y a quand même trois jours. Donc ça devient extrêmement urgent », s’indigne Pascal Hoareau, frère de Patrick Hoareau.
Interrogée, l’agence de voyages indique faire le nécessaire, mais précise qu’aucun avion sanitaire n’est disponible pour le moment. Éprouvés psychologiquement, Patrick et Gisèle espèrent pouvoir rentrer au plus vite.