Dans une salle comblée, un moniteur d’auto-école d’une trentaine d’années et sa complice s’avancent à la barre. L’un sort des geôles, l’autre de la foule. Le duo, qui se connaît depuis plusieurs années, est accusé d’avoir organisé un trafic de cocaïne et de résine de cannabis.
Le 30 septembre dernier, les douaniers interceptent un colis en provenance de Nantes. À l’intérieur : 600 grammes de résine de cannabis et 30 grammes de cocaïne. Une livraison surveillée est alors mise en place.
Arrivés à l’adresse indiquée sur le colis, les agents placent en retenue douanière les deux occupants de l’habitation. L’homme est rapidement mis hors de cause. Lors de ses auditions, la femme finit par avouer : elle recevait les colis pour un ami de longue date, le moniteur d’auto-école. D’abord dans le déni, ce dernier finit lui aussi par reconnaître les faits lors d’une confrontation.
La mère de famille est la première à être interrogée par les magistrats. Selon elle, elle ignorait le contenu des colis. Elle admet toutefois avoir reçu une compensation financière, ce qui intrigue le tribunal. Pour les juges, il est difficile de croire qu’elle ne savait rien tout en acceptant de l’argent. Le moniteur d’auto-école, lui, affirme que sa complice connaissait parfaitement le contenu des envois.
Lors de ses réquisitions, la procureure de la République souligne le manque de clarté des explications fournies par les deux prévenus. Selon elle, les colis ont été reçus en toute connaissance de cause. Elle estime que ni l’un ni l’autre ne font preuve de moralité à l’égard des stupéfiants, et requiert trois ans d’emprisonnement avec maintien en détention pour chacun.
Des réquisitions qui font bondir le conseil de la mère de famille. L’avocate affirme que sa cliente ignorait qu’il s’agissait d’un trafic de drogue, s’appuyant sur certaines déclarations du co-prévenu. Elle rappelle que la prévenue a toujours été cohérente dans ses propos et regrette que le parquet n’ait pas pris en compte sa personnalité.
L’avocat du moniteur d’auto-école, de son côté, plaide pour une justice « personnalisée ». Il se dit choqué par la sévérité des réquisitions et insiste sur les témoignages favorables de l’entourage de son client. Il appelle le tribunal à la clémence.
Dans une atmosphère tendue, les magistrats rendent leur décision. La mère de famille est condamnée à 18 mois de sursis simple. Son complice écope de trois ans de prison, dont un an assorti d’un sursis probatoire. La partie ferme sera aménageable sous la forme d’un bracelet électronique, provoquant le soulagement des leurs proches venus les soutenir.