Le 16 octobre dernier, dans la nuit, un habitant de Saint-Paul appelle les services d’urgence. Ce dernier demande à être hospitalisé. Arrivé au CHOR, il aurait trouvé le temps de la prise en charge trop long. Il décide alors de quitter l’hôpital. Au moment de régler les détails administratifs, ce dernier vrille et casse les ordinateurs de l’accueil du centre hospitalier. Des gendarmes présents sur place ont assisté à la scène et interpellent le protagoniste. S’en suit son placement en garde à vue.
Lors de sa garde à vue, le prévenu explique la situation aux gendarmes, qui selon lui, se seraient moqués de lui. En représailles, le gardé à vue prévient les militaires qu’il étalera ses excréments dans sa cellule. Le prévenu tient parole et passe aux actes. Il se permet même d’uriner dans sa geôle.
Il est finalement relâché quelques heures plus tard. Le mis en cause ne tarde pas à refaire parler de lui. Dans les locaux de l’EPSMR, il agresse violemment un psychiatre.
Invité à se justifier sur les faits, le prévenu raconte que toutes ses actions sont dues aux interlocuteurs qu’il a pu rencontrer. Les ordinateurs cassés ? L’attente est trop longue. Les excréments ? Les gendarmes ne l’aurait pas laissé fumer une cigarette pourtant promise. L’agression du psychiatre ? Ce dernier l’aurait pris de haut et aurait refusé de mobiliser une ambulance pour le ramener chez lui.
"Il l’a mérité"
Questionné sur l’agression commise envers le psychiatre, le prévenu explique le déroulé. "J’ai fait comme si je n’avais pas compris ses explications, j’ai attendu qu’il soit dans ma chambre et je l’ai tapé. Il l’a mérité". À la question "pour quelles raisons ?" il répond simplement "Il ne voulait pas me donner mes traitements et il m’a pris de haut". Durant sa garde à vue l’auteur des faits a été examiné par un psychiatre. Le professionnel conclut que la responsabilité pénale du mis en cause est atténuée mais qu’elle existe.
Le conseil du psychiatre (ndlr l’avocat du psychiatre) se dit choqué de la violence dont a été victime son client. Il explique que son client a peur de se retrouver en présence du prévenu. Il rappelle que le psychiatre a une fracture d’un os au niveau de l’oeil et que sa vision est perturbée. L’avocat dresse un portrait peu élogieux de l’agresseur. Il explique que la pathologie du prévenu n’excuse en rien la violence.
Durant son réquisitoire, la Procureure de la République explique que sur le plan de la culpabilité, il n’y a pas de difficulté pour rentrer en voie de condamnation car ce dernier reconnaît les faits. La parquetière annonce qu’elle est bien consciente que le prévenu est malade mais que les faits imposent une réponse pénale. À son encontre elle requiert deux ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire renforcé et un maintien en détention.
La défense, de son côté, plaide sur une perception altérée des choses durant les faits. Elle explique que la dignité de son client a été atteinte. Elle annonce aux magistrats que c’est à cause de sa pathologie que ce dernier a commis tous les faits qui lui sont reprochés.
Après en avoir délibéré, les magistrats suivent les réquisitions du parquet et condamnent le prévenu à une peine de deux ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire. Le mis en cause est maintenu en détention.
-LV