Ce 17 septembre, la salle d’audience 1 du tribunal judiciaire de Saint-Denis accueille un jeune homme d’une vingtaine d’années. Vêtu d’un tee-shirt blanc et d’un jean, il s’avance à la barre pour répondre d’actes particuliers.
Les derniers en date se déroulent un soir du mois d’août, au domicile familial. Pris de pulsions, le jeune homme se dirige vers la chambre de sa demi-sœur. Complétement nu, il entre et réveille la jeune adolescente et lui demande si elle souhaite avoir des relations sexuelles avec lui. Celle-ci décline mais le prévenu insiste. Après plusieurs refus, il quitte la chambre de la jeune fille et descend récupérer un couteau et revient voir sa demi-sœur. Complétement paniquée, la victime contacte sa mère et les forces de l’ordre. Lors de l’arrivée des policiers, la maison est vide, le jeune dionysien de 22 ans a pris la fuite.
Ce ne sont pas les seuls faits reprochés au prévenu. Plus jeune il aurait contraint sa jeune victime à visionner des films à caractère pornographique en lui demandant de reproduire les scènes dans les films. Il aurait également attouché cette dernière.
Un problème d’addiction aux drogues et au sexe
Addict à plusieurs drogues, le jeune prévenu de 22 ans en aurait consommé ce soir d’août. Cannabis, artane, alcool et bien d’autres. Lorsque le président du tribunal lui demande de s’expliquer sur certains de ses méfaits, il répond simplement "je ne m’en souviens plus" et ne conteste pas ce qui lui est reproché. Au fil de l’audience, le portrait d’un jeune homme addict aux drogues et au sexe se dresse.
Durant sa plaidoirie, l’avocate de la partie civile dresse le portrait d’une victime apeurée qui a eu la peur de sa vie. D’une jeune fille qui a eu la peur de sa vie. D’une adolescente qui pensait se sentir en sécurité dans sa chambre mais qui ne l’est pas. Le conseil de la partie civile explique également que ce qu’a subit la jeune fille aura un impact certain sur sa vie sexuelle. L’avocate demande 1000 euros de dommages et intérêts.
Le parquet décrit un jeune homme qui souffre des addictions et qui ne s’en cache pas. Le ministère public poursuit en expliquant que la jeune fille vit dans la peur de son frère. La parquetière termine "le prévenu n’a plus les barrières morales par rapport au sexe". A son encontre le parquet requiert deux ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire.
De son côté, la défense se concentre sur la situation précaire du jeune homme. Sans domicile fixe, licencié à cause de ses addictions le jeune homme est perdu et ne sait pas vers qui se tourner d’après son avocate. Elle termine en questionnant le tribunal "avait-il conscience au moment des faits ?".
Rappelé des geôles par les magistrats pour entendre sa peine, le prévenu s’avance à la barre. Deux ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire pendant deux ans sont prononcés à son encontre. Le prévenu est également condamné à verser 1000 euros à sa victime. Celui-ci est également inscrit au FIJAIS.
-Loïc Vidon