Une ambiance pesante dans le prétoire en ce mercredi après-midi. Impliqué dans une affaire de violences conjugales envers sa concubine, le prévenu est également soupçonné d’agressions sexuelles envers les deux filles de cette dernière.
Les deux adolescentes, jumelles, grandissent dans un foyer violent. Entre une mère alcoolique, violente qui en oublie même de préparer à manger et un conjoint, tout aussi violent qui les agressent sexuellement, les deux sœurs gardent tout pour elles.
C’est lors d’un entretien avec l’infirmière du collège que l’une des deux adolescentes craque. Elle détaille à l’infirmière la violence qui règne au domicile familial et finit par avouer qu’elle a subi des attouchements pendant ses années de 6e et 5e. Une dizaine en tout. Après ses aveux, les autorités sont alertées. La jeune adolescente explique que le prévenu vient dans sa chambre, se glisse derrière elle et touche sa poitrine. Terrifiée, elle le garde pour elle.
"Un pacte avec le diable"
Le mis en cause explique à la jeune fille qu’il a passé un pacte avec le diable. Ce dernier doit la "masser" pour gagner de l’argent. L’agresseur demande aux adolescentes de n’en parler à personne.
Invité à s’expliquer, le mis en cause change plusieurs fois de versions auprès des enquêteurs. La seule chose qui ne change pas, c’est qu’il nie tout en bloc. Aux magistrats, le prévenu explique que les deux adolescentes sont souvent malades. Il poursuit en racontant qu’il met de la pommade au-dessus de la poitrine des deux adolescentes sans jamais la toucher. Il assure au tribunal que les jeunes victimes ont mal interprété ses actions. Toujours selon lui, les parents de sa concubine auraient monté la tête des deux victimes, car ces derniers voudraient se débarrasser de lui.
"Leur parole contre la mienne"
Tentant de s’extirper de la situation comme il peut, le prévenu répète plusieurs fois au tribunal "c’est leur parole contre la mienne". La présidente, visiblement agacée, rappelle plusieurs éléments concernant les deux victimes. Elle observe que les deux jeunes adolescentes sont cohérentes dans leur propos. Elle soutient également qu’elles ne cherchent pas à exagérer. Des affirmations que le mis en cause a du mal à contester.
Dans sa plaidoirie, l’avocat des parties civiles débute en prononçant des mots des deux jeunes filles "à la base, il est gentil". Le conseil des victimes poursuit : "les jumelles n’ont aucun intérêt à lui nuire". Ce dernier affirme que les explications du prévenu ne sont pas entendables. Il soutient qu’une des jumelles a tenté de mettre fin à ses jours à 13 ans, "ce n’est pas normal". Pour dédommager les victimes, il demande 5 000 et 3 000 euros.
Le parquet, commence ses réquisitions en rappelant qu’il est toujours compliqué et délicat de comprendre ce qu’il s’est passé, mais certains éléments sont à dispositions. Selon le ministère public, rien ne peut être mal interprété au vu des faits. Elle explique également que le positionnement du prévenu interpelle le tribunal. À son encontre, elle requiert quatre ans d’emprisonnement dont deux assortis d’un sursis probatoire ainsi qu’un maintien en détention.
La défense, quant à elle, affirme fermement que son client n’y est pour rien. L’avocat tente de semer le doute dans la tête des magistrats. Il soutient que ce sont deux versions des faits qui s’opposent et que la vérité ne sera jamais connue.
Après en avoir délibéré, le tribunal condamne le mis en cause à 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois assortis d’un sursis probatoire. Il est également inscrit au FIJAIS (Fichier des délinquants sexuels).
-LV