Stoïque, sans un mot, sans une larme et en haussant simplement la tête, c’est ainsi que le jeune homme reconnu coupable de l’assassinat de Shana a pris connaissance de sa peine. La peine maximale de 30 ans d’emprisonnement. Un verdict qui signe la fin d’un douloureux procès pour les membres de la famille de Shana. Eux qui ne déplorent tout de même aucune explication de l’assassin de leur fille sur les raisons de son geste.
"On reste sur notre faim, sans avoir compris pourquoi cela a été fait. On ne sait pas si c’est un détraqué. Il n’a exprimé aucun regret, il n’y a pas eu de pardon. Le plus dur c’est le retour à la normale. Pendant le procès on est dans une bulle après ce n’est plus pareil. On a un temps de réflexion et il faut faire son deuil. C’est le verdict que j’attendais", réagit Mickaël Alicalapa, le père de Shana.
Tout au long du procès la notion d’excuse de minorité était évoquée. Avec cette question : l’âge de l’accusé, au moment des faits, nécessitait-il une réduction de peine encourue ? Les jurés ont finalement estimé que l’assassin était pleinement conscient de ses actes.
"Les deux ont pris la peine maximale envisageable pour leur âge au vu de la gravité des faits qu’ils ont commis et l’atrocité des faits. Malheureusement cela ne ramènera jamais Shana", réagit maître Catherine Moissonnier, avocate des parties civiles.
"On veut juste passer à autre chose, oublier ces individus qui sont restés de marbre tout au long du procès. Il n’a rien dit, il a subi ce délibéré, 30 ans c’est ce que vaut cette affaire exceptionnelle", indique maître Julien Barre, avocat des parties civiles.
De son côté l’avocate de la défense n’a souhaité faire aucune déclaration. Dans la salle d’audience, seule la mère de l’accusé était venue le soutenir.
L’assassin de Shana, qui fête aujourd’hui même son 19e anniversaire, écope de 30 ans de réclusion criminelle.