C’est une information Antenne Réunion.
Quelques jours, après avoir révélé l’affaire du psychiatre Jean-français Reverzy, notre rédaction apprend qu’un autre praticien passera, le 7 novembre prochain, devant les magistrats du tribunal judiciaire de Saint-Denis pour escroquerie.
Les faits remonteraient à 2015. Rambeloson Andriamdelomasina, psychiatre originaire de Madagascar, aurait arnaqué la CGSS. Avec l’aide de 2 infirmiers, le médecin aurait facturé de nombreuses consultations non réalisées à des patients en grande souffrance et vulnérables, hébergés dans des pensions de santé à Saint-André.
Un système bien rodé
Le médecin, qui exerçait dans ces pensions, se serait fait aider de complices, 2 infirmiers. Ces derniers auraient récupérés les cartes vitales des patients au sein des pensions de santé. Une fois les cartes en leur possession, ils en auraient profité pour facturer à chaque patient plusieurs consultations, parfois trois ou quatre par patient, alors que, dans certains cas, les malades n’auraient pas vu le médecin qu’une seule fois. Les cartes vitales étaient rendues plusieurs jours après. En parallèle, le psychiatre aurait rédigé des ordonnances prescrivant de soins infirmiers, eux aussi fictifs et bien payés, au bénéfices de ses complices, eux aussi poursuivis.
Après plusieurs années de supercherie, l’une des pensions, soupçonnant des fraudes, alerte la CGSS. L’établissement s’interroge notamment sur certaines consultations qui auraient eu lieu alors que le psychiatre était hors département. Une enquête est ouverte en 2019. Ce n’est qu’en 2021 que le cabinet du médecin est perquisitionné.
Une fuite à Madagascar
Sentant l’étau se refermer autour de lui, le dr Rambeloson Andriamdelomasina décide de fuir vers son île natale. Pendant plusieurs années, il reste à Madagascar auprès de sa femme et de ses cinq enfants. Le praticien ne répond pas aux différentes convocations qui lui sont adressées et un mandat d’arrêt est décerné à son encontre. Il est finalement retrouvé dans un hôpital en Ariège où il exerçait. Il est rapatrié à La Réunion et placé sous contrôle judiciaire le 11 octobre dernier. Il comparaîtra le 7 novembre prochain pour escroquerie faite au préjudice d’une personne publique ou d’un organisme chargé d’une mission de service public pour l’obtention d’une allocation, d’une prestation d’un paiement ou d’un avantage indu.