Ce jeudi 5 prévenus comparaissaient devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Il s’agissait des petites mains, âgées entre 18 et 30 ans. Le juge des libertés et de la détention les condamne à des peines allant de 7 mois à 1 an de prison ferme et des amendes comprises entre 2 500 à 4 000 euros.
Maître Illyacine Maalaoui est avocat pénaliste au barreau de Paris, il assiste l’un des prévenus de ce dossier. Son client est âgé de 18 ans, que lui est-il reproché ?
"Il lui a été reproché un certain nombre d’infractions à la législation aux stupéfiants. Il a reconnu les faits. Dans ce dossier refuser c’est prendre un risque de peut-être aller dans le sens d’une instruction judiciaire avec d’autres personnes du dossier, ce qui voudrait dire une longue détention provisoire. C’est une réponse qui épouse les contours de personnalité et le casier judiciaire de mon client".
C’est l’entourage du jeune homme qui a contacté maître Maalaoui pour le défendre. Il est venu de Paris pour défendre ce jeune de La Réunion. "Ma défense est à celui qui la demande. J’étais déjà à La Réunion pour un procès en appel".
Il s’agit d’un réseau savamment organisé, ici, dans notre île. Ce n’est pas une première pour lui de traiter des affaires en lien avec La Réunion. A la question : "est-ce qu’au fil des années, le département est devenu une nouvelle plaque tournante dans la zone Océan Indien ?", il répond :
"Je pense qu’il faut parfois faire preuve d’une certaine modestie dans l’appréhension qu’on peut avoir de l’île de La Réunion. Je suis venu en 2019 pour un dossier de mule. J’ai pu converser avec des confrères et des enquêteurs, c’est vrai que les choses se sont accélérées. Je ne suis pas là pour donner des leçons et dire comment doit être la politique pénale. Les peines infligées à ceux qui se mettent dans ce type de trafic sont assez conséquentes et cela n’a pas eu pour effet une baisse du trafic".
L’État veut se montrer intraitable dans ce type d’affaires. La promulgation de la loi contre le narcotrafic a-t-elle eu des conséquences sur son activité ?
"Non pas spécialement, je crois que le crime est inerrant à toute société. Quand je défends un jeune de 18 ans, je ne vois pas seulement ce qu’il a pu faire, mais aussi ce qu’il aurait pu devenir. À 18 ans, la place la plus naturelle pour un jeune est sur les bancs de la faculté. Il n’y a pas un seul dossier où je ne me demande pas ce qu’un jeune pourrait devenir. Je suis convaincu que ce jeune ne restera pas un trafiquant", conclut maître Maalaoui.
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