Ce jeudi 11 septembre au tribunal judiciaire de Saint-Pierre, s’est tenue la deuxième journée du procès pour l’assassinat de Shana, 15 ans, tuée à coups de pied et de poing en septembre 2023. L’adolescente accusée d’avoir attiré la victime dans un traquenard mortel a pris la parole pour la première fois.
Tout au long de la journée, la mère de Shana a exprimé sa douleur, quittant plusieurs fois la salle d’audience, refusant de croiser le regard ou d’entendre les mots de l’accusée.
De l’autre côté, les parents de la meurtrière présumée ont affiché des visages tremblants, la tête baissée, le regard vide, complètement anéantis. Maître Séverine Ferrante, avocate de la défense, a pris la parole pour parler de leur désarroi : « C’est extrêmement compliqué parce qu’ils sont bien conscients qu’ils ont, eux, cette chance d’avoir leur fille. Ils ne veulent pas être perçus comme des victimes, bien évidemment.
Pour autant, ce sont des parents qui ont vu leur monde s’effondrer du jour au lendemain. Leur fille, qui ne posait aucune difficulté à la maison, qui est une enfant très bonne élève, comme les autres la décrivent dans le dossier : elle est agréable, souriante.
Du jour au lendemain, la police débarque chez vous, et vous apprenez que votre enfant a pu commettre quelque chose de sordide. »
Dans la salle, la famille de Shana tente de rester digne, mais la douleur est omniprésente. Pour ses avocats, cette journée est la plus difficile :
« C’est plus tendu qu’hier. C’est plus lourd parce qu’on parle de celle qui est en vie, on parle de l’accusée, on parle de sa personnalité, on parle de ses parents, on parle du fait qu’elle a été en prison pendant un an. La loi ne permet pas plus d’un an de détention provisoire.
Le fait qu’après, elle a été placée dans un foyer en métropole, c’est très difficile à appréhender pour la famille de Shana, de savoir qu’elle était en métropole, qu’elle a pu voir ses parents, qu’en prison, elle pouvait téléphoner à ses parents.
Eux, Shana, il n’y a plus rien. Il y a une tombe au cimetière. Ils ne peuvent plus lui parler, ils ne peuvent plus discuter avec elle. Pour eux, c’est assez insupportable d’entendre ce genre de choses aujourd’hui. » atteste Maître Catherine Moissonnier, avocate de la partie civile
« On ne peut pas dire grand-chose, c’est insoutenable, il y a de la colère. Ce qu’on entend aujourd’hui, c’est la personnalité de l’accusée, donc c’est un peu compliqué pour les parents de Shana d’entendre tout ça. » ajoute Maître Julien Barre, avocat de la partie civile
L’issue du procès est attendue vendredi. L’accusée, qui était mineure au moment des faits, risque la peine maximale, jusqu’à 20 ans de réclusion,. La mère de Shana a déjà annoncé qu’elle ne serait pas présente au début de l’audience, préférant se recueillir sur la tombe de sa fille.